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Plantes d’intérieur en novembre : moins de lumière, moins d’eau

2026-11-04 par Jardinerbio • Temps de lecture 6 min

Il y a un moment, en novembre, où le monstera du salon se met à pencher franchement du côté de la fenêtre. Ce n’est pas un caprice, c’est de l’arithmétique : à Paris, le jour dure environ 11 h 45 au début du mois d’octobre et tombe à 8 h 15 autour du solstice d’hiver. Trois heures et demie de lumière en moins, et une lumière bien plus rasante, qui traverse les vitres sous un angle défavorable. Vos plantes d’intérieur le sentent avant vous. Voici ce qu’on observe chez elles en ce moment, ce qu’on change tout de suite, et ce qu’on laisse pour plus tard.

Ce que la baisse de lumière change vraiment

La photosynthèse ralentit, donc la plante fabrique moins de sucres, donc elle pousse moins et consomme moins d’eau. Tout le reste découle de là. Le graphique ci-dessous donne l’ampleur du phénomène selon l’endroit où vous habitez : un appartement lillois perd nettement plus de lumière qu’un appartement marseillais, et sur la même période.

Graphique de la durée du jour d'octobre à mars à Lille, Paris et Marseille, avec le creux du solstice d'hiver
Durée du jour calculée (formule astronomique), arrondie à 5 min.

Entre la fin octobre et le jour le plus court, il reste encore près d’une heure quarante de jour à perdre à Paris. À Lille, la journée descend sous huit heures ; à Marseille, elle reste au-dessus de neuf heures. Ajoutez à cela le ciel couvert, qui coupe encore une grande partie de la lumière utile, et vous comprenez pourquoi une plante posée au fond d’une pièce vit, en décembre, dans une pénombre qu’elle ne connaissait pas en juillet. Les bulletins de Météo-France donnent d’ailleurs une bonne idée du nombre de journées grises à venir dans votre région.

Ce qu’on observe sur les plantes en novembre

Des tiges qui s’allongent et des feuilles plus petites

C’est le signe le plus parlant. La plante étire ses tiges vers la source de lumière, l’espace entre deux feuilles s’allonge, et les nouvelles feuilles sortent plus petites et plus pâles. Sur un pothos posé à deux mètres d’une fenêtre orientée au nord, l’écart saute aux yeux en janvier : les feuilles de l’hiver font à peine la moitié de celles de l’été, et la tige entre elles a doublé de longueur. On dit que la plante s’étiole. Ce n’est pas une maladie, c’est une réponse logique à une situation que vous pouvez corriger.

Les feuilles du bas qui jaunissent

Une plante qui reçoit moins de lumière abandonne ses feuilles les moins rentables, c’est-à-dire les plus anciennes et les plus basses, souvent à l’ombre des autres. Une ou deux feuilles jaunes par mois sur un grand sujet, c’est normal. Plusieurs feuilles d’un coup, ou des feuilles jaunes au milieu de la plante, orientent plutôt vers un excès d’eau. Le détail des causes possibles est passé en revue dans notre article sur les feuilles jaunes des plantes d’intérieur.

La terre qui met des jours à sécher

En été, le terreau d’un pot moyen sèche en trois ou quatre jours. En décembre, le même pot peut rester humide une semaine et demie. Si vous gardez votre rythme d’arrosage de l’été, les racines baignent, elles manquent d’air, et elles pourrissent. C’est, de loin, la première cause de mortalité des plantes d’intérieur entre novembre et février.

Un petit tableau pour trier

Ce que vous voyez Cause la plus probable Le geste
Tiges longues, feuilles petites et espacées Manque de lumière Rapprocher de la fenêtre, tourner le pot d’un quart de tour par semaine
Feuilles du bas jaunes, une à la fois Vieillissement normal en saison courte Retirer la feuille, ne rien changer d’autre
Plusieurs feuilles molles et jaunes, terre humide Excès d’eau Arrêter l’arrosage, vider la soucoupe, attendre que la terre sèche sur 3 cm
Bout des feuilles brun et sec Air trop sec près d’un radiateur Éloigner le pot de 50 cm, poser une coupelle d’eau à côté
Feuilles ternes, grises au toucher Poussière sur le limbe Essuyer avec un chiffon humide, des deux côtés

Ce qu’on change dès maintenant

Rapprocher les plantes de la fenêtre

La lumière chute très vite dès qu’on s’éloigne d’une vitre. Un mètre de recul, et il ne reste parfois qu’un quart de ce que recevait la plante contre la fenêtre. Déplacez donc vos pots vers la source de lumière, quitte à les serrer sur un rebord ou une petite table. Une seule limite : évitez le contact direct des feuilles avec la vitre, qui peut descendre à quelques degrés par nuit froide et brûler le tissu végétal au point de contact. Dix centimètres d’écart suffisent. Les plantes qui supportent le mieux les pièces sombres sont listées dans notre sélection de plantes d’intérieur pour l’hiver, et nos voisins de Jardin365 proposent leur propre liste, un peu différente.

Arroser moins souvent, jamais à date fixe

Oubliez le rythme hebdomadaire. Enfoncez un doigt dans le terreau sur trois ou quatre centimètres : si c’est encore frais, vous attendez. Pour la plupart des plantes vertes, cela revient à arroser toutes les dix à quinze jours en plein hiver, contre trois ou quatre jours en été. Arrosez le matin, avec de l’eau à température de la pièce, et videz toujours la soucoupe un quart d’heure après. Les cactus et les plantes grasses, eux, passent presque à zéro jusqu’en mars.

Arrêter l’engrais

Une plante qui ne pousse pas n’a pas besoin d’être nourrie. L’engrais apporté en novembre reste dans le terreau, s’accumule, et finit par brûler les racines. On arrête donc tout jusqu’à la reprise, qu’on repère facilement : une nouvelle feuille apparaît, en général entre fin février et fin mars. Les plantes fleuries font exception quand elles sont en pleine floraison, comme le cyclamen, qui apprécie un apport léger pendant qu’il donne ses fleurs. Jardin365 détaille le même point pour l’entretien du cyclamen et pour le poinsettia, l’autre vedette de la saison.

Dépoussiérer les feuilles

C’est le geste le plus rentable de la saison, et le plus oublié. Une couche de poussière grise filtre une part de la lumière déjà rare, exactement là où la plante en a besoin. Un chiffon doux humide, une feuille après l’autre, dessus et dessous. Pour les plantes à petites feuilles, une douche tiède rapide dans la baignoire fait le même travail en deux minutes. À refaire toutes les trois ou quatre semaines jusqu’au printemps.

Surveiller la chaleur sèche et les courants d’air

Un pot posé au-dessus d’un radiateur reçoit de l’air chaud et sec en permanence : le bout des feuilles brunit, les araignées rouges s’installent. À l’inverse, une porte d’entrée qui s’ouvre vingt fois par jour expose la plante à des coups de froid répétés. Entre les deux, une pièce à 18 ou 19 degrés convient à presque tout le monde. Le citronnier qui perd ses feuilles en hiver est souvent victime de ce double problème, chaleur sèche d’un côté et courant d’air de l’autre.

Ce qu’on prépare sans le faire tout de suite

Le rempotage attend. Changer une plante de pot en novembre, c’est lui demander de refaire des racines au moment où elle n’a ni la lumière ni l’énergie pour le faire. On note les pots devenus trop petits, ceux dont les racines sortent par le fond, et on s’en occupe en mars ou avril, quand les nouvelles pousses repartent. Même chose pour les grandes tailles de mise en forme.

Les boutures, elles, se préparent pour la fin de l’hiver. Une tige de pothos, de misère ou de ficus mise dans l’eau en février s’enracine en quelques semaines, alors que la même bouture prise en décembre stagne et finit souvent par pourrir. Repérez dès maintenant les tiges trop longues que vous raccourcirez à ce moment-là : elles feront vos boutures.

Enfin, profitez de la saison calme pour faire le tour de vos pots : soucoupes vidées, terre griffée en surface, feuilles mortes retirées, étiquettes remises en place. Les orchidées qui ont fini de fleurir demandent un traitement à part, décrit dans notre article sur la façon de faire refleurir une orchidée. Et si le potager vous manque, sachez que dehors, les mêmes journées courtes mettent les cultures à l’arrêt jusqu’à la fin de l’hiver.

Rien de tout cela ne demande d’effort particulier. C’est même l’inverse : moins d’eau, pas d’engrais, pas de rempotage. L’hiver des plantes d’intérieur se gagne en faisant moins, mais au bon endroit, près de la fenêtre.