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Laissez un coin sauvage cet hiver : hérissons et coccinelles s’y abritent

2026-11-04 par Jardinerbio • Temps de lecture 4 min

Un tas de branches et de feuilles mortes laissé dans un coin calme du jardin sert d’abri d’hiver au hérisson, aux carabes et aux coccinelles. Au printemps, ces mêmes habitants sortent de leur cachette et se mettent à manger les limaces et les pucerons de votre potager.

C’est tout l’intérêt de garder un coin sauvage plutôt que de tout ramasser en novembre. Un jardin entièrement nettoyé est un jardin sans abris, et les auxiliaires qui vous rendent service en mai ne reviennent pas de nulle part : ils ont passé l’hiver sur place, à quelques mètres des planches de légumes.

Un tas de branches et de feuilles dans un coin calme

Choisissez l’angle du jardin où vous passez le moins souvent, au pied d’une haie ou derrière un abri. Entassez-y les branches de taille, les tiges les plus grosses et une bonne épaisseur de feuilles mortes, sur une hauteur de 40 à 60 cm. Les branches tiennent la structure et créent des galeries, les feuilles isolent du froid.

Un hérisson qui s’y installe en novembre y restera jusqu’en mars ou avril selon les régions. Chez moi, le tas monté près d’une haie de noisetiers est occupé chaque hiver depuis trois ans : on repère l’entrée au petit tunnel creusé dans les feuilles, à ras du sol, qui reste ouvert alors que le reste du tas est tassé par la pluie. Si vous voulez aller plus loin, voyez comment aider le hérisson pendant la mauvaise saison et les points à surveiller avec un abri à hérisson en hiver.

Des tiges creuses laissées debout jusqu’en mars

Ne coupez pas tout à ras en fin d’automne. Les tiges sèches et creuses des vivaces, des ombellifères et des framboisiers abritent des abeilles solitaires, des chrysopes et de nombreuses larves qui passent l’hiver à l’intérieur. Couper ces tiges en novembre, c’est jeter leurs habitants au compost sans le savoir.

Laissez debout tout ce qui tient encore, surtout les tiges de 5 à 10 mm de diamètre, et attendez le mois de mars pour rabattre. Les capitules secs donnent en plus des graines aux oiseaux, et quelques plantes mellifères laissées en place préparent déjà le jardin vivant de l’année suivante.

Une bande d’herbe non tondue au pied de la haie

Une bande d’un mètre de large, laissée haute le long d’une haie ou d’une clôture, suffit à changer les choses. L’herbe couchée par la pluie forme un matelas sec au ras du sol, et c’est exactement là que les carabes et les coccinelles se glissent pour l’hiver, souvent en petits groupes sous une touffe ou une pierre plate.

Cette bande relie aussi les abris entre eux et donne aux animaux un passage couvert pour circuler. Une haie fleurie qui sert de refuge et une bande d’herbe haute à son pied forment un ensemble bien plus efficace que trois nichoirs isolés. Côté feuillage, l’idée rejoint ce que l’on fait des feuilles mortes au jardin plutôt que de les évacuer.

Abri laissé en place Qui s’y installe Ce qu’il mange au printemps
Tas de branches et de feuilles Hérisson Limaces, escargots, larves et vers blancs
Litière de feuilles au sol Carabes Limaces, œufs de limaces, larves du sol
Herbe haute et pierres plates Coccinelles Pucerons, par centaines pour un seul adulte
Tiges creuses debout Abeilles solitaires Rien de nuisible, elles pollinisent les fruitiers
Vivaces sèches et feuillages bas Chrysopes Pucerons, acariens, jeunes chenilles

Les coccinelles comptent parmi les meilleures alliées contre les pucerons, à condition d’avoir trouvé où passer l’hiver à proximité. C’est le sens de la démarche : vous ne faites pas venir des auxiliaires, vous les gardez sur place d’une saison à l’autre.

Les deux erreurs qui annulent tout le travail

La première est de brûler le tas pendant l’hiver. Un tas de branches monté en novembre est presque toujours occupé en décembre, et le brûlage des déchets verts est par ailleurs interdit pour les particuliers dans la plupart des communes. La seconde est de déplacer ou de retourner le tas avant la fin avril, au moment où l’envie de ranger revient : un hérisson réveillé en février ne retrouve plus assez de nourriture, et une femelle dérangée au printemps abandonne ses petits.

Laissez donc le coin tranquille jusqu’à la fin du printemps, puis contentez-vous de recharger le tas avec les tailles de l’année. Ces petits abris comptent d’autant plus que les haies et les friches ont reculé autour des maisons, un recul suivi de près par l’Office français de la biodiversité.