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Nandina : vos questions sur le bambou sacré et son feuillage rouge

2026-11-06 par Jardinerbio • Temps de lecture 6 min

En jardinerie, c’est l’arbuste qu’on remarque quand tout le reste perd ses feuilles : feuillage fin qui vire au rouge, grappes de baies brillantes, et une étiquette qui annonce « bambou sacré » sans qu’il s’agisse d’un bambou. Le nandina soulève toujours à peu près les mêmes questions avant l’achat. Voici les réponses, dans l’ordre où elles se posent.

Le nandina est-il un vrai bambou ?

Non. Malgré son surnom de bambou sacré, le nandina appartient à la famille du berbéris, pas à celle des graminées. Ce qui prête à confusion, ce sont ses tiges droites et fines qui partent de la souche comme des cannes, et ses feuilles découpées en petits folioles pointus.

La différence qui compte au jardin est souterraine. Un nandina reste en touffe et grossit lentement par la base, alors que beaucoup de bambous envoient des tiges souterraines qui ressortent à plusieurs mètres et demandent une barrière anti-racines. On peut donc planter un nandina près d’une allée ou d’une limite de terrain sans précaution.

Jusqu’à quel froid le nandina tient-il ?

Une fois bien installé, un nandina planté en pleine terre supporte sans dommage des gelées de l’ordre de -10 à -15 °C. Les feuilles peuvent brunir sur les bords après un coup de froid sec accompagné de vent, puis repartir au printemps depuis la base.

Les jeunes plants sont plus fragiles les deux premiers hivers, le temps que les racines descendent. Un paillage de cinq à dix centimètres au pied suffit dans la plupart des régions, et là où le gel s’installe plusieurs jours de suite, un voile posé les nuits les plus froides évite les mauvaises surprises, comme pour les autres plantes sensibles au gel.

Soleil ou mi-ombre : où le planter ?

Au soleil, si vous voulez du rouge. C’est la lumière directe, combinée aux nuits froides, qui déclenche les pigments rouges du feuillage d’automne et d’hiver. À la mi-ombre, l’arbuste pousse très bien aussi, mais il reste vert ou prend juste quelques reflets bronze.

Deux pieds de la même variété plantés à quelques mètres l’un de l’autre le montrent bien : contre un mur au nord, le feuillage reste vert tout l’hiver ; en plein sud, il vire au rouge sombre dès les premières nuits à zéro degré.

Quelle terre lui faut-il ?

Presque toutes, à condition qu’elle ne reste pas détrempée en hiver. Le nandina tolère le calcaire, les terres pauvres et les sols secs une fois enraciné. Ce qu’il supporte mal, c’est l’eau stagnante autour du collet.

En terre lourde, plantez sur une légère butte et mélangez compost mûr et un peu de gravier à la terre de rebouchage. En sol très sec, un paillage renouvelé chaque année fait plus pour lui que n’importe quel engrais.

Quand planter un nandina ?

En automne, de la fin septembre à la fin novembre, ou au début du printemps si l’automne a été manqué. La plantation d’automne laisse à l’arbuste plusieurs mois pour s’enraciner avant les chaleurs, ce qui réduit beaucoup l’arrosage de la première année.

Évitez de planter pendant une période de gel ou dans une terre gorgée d’eau. Trempez la motte dans un seau jusqu’à ce que les bulles cessent, creusez deux fois plus large que le conteneur, et arrosez copieusement même s’il pleut, pour chasser les poches d’air.

Peut-on cultiver le nandina en pot ?

Oui, et c’est même un de ses meilleurs usages, surtout pour les variétés naines. Comptez un pot de 30 à 40 centimètres de diamètre pour une variété basse, avec un bon trou de drainage et un lit de billes d’argile ou de graviers au fond.

Le mélange qui lui convient : deux tiers de terreau de plantation, un tiers de terre de jardin et une poignée de compost. En pot, les racines gèlent plus vite qu’en pleine terre : emballez le contenant dans un voile pendant les périodes froides et surélevez-le sur des cales pour que l’eau s’évacue. L’arrosage reste modéré en hiver, juste de quoi éviter que la motte se dessèche.

Faut-il tailler le nandina ?

Pas de taille régulière, et surtout pas de taille au cordeau : taillé en boule, il perd sa silhouette légère et se dégarnit du bas. La seule intervention utile consiste à couper à ras de terre, tous les deux ou trois ans, les cannes les plus vieilles et les plus dénudées, pour que de jeunes tiges repartent de la souche.

Cette coupe se pratique à la fin de l’hiver, en même temps que les autres tailles d’arbustes d’hiver, sans enlever plus d’un tiers des tiges. Si l’arbuste est trop haut, raccourcissez les cannes à des hauteurs différentes plutôt qu’au même niveau : la touffe garde un port naturel.

Pourquoi mon nandina ne rougit-il pas ?

Dans neuf cas sur dix, il manque de lumière. Un nandina planté à l’ombre d’un mur ou sous des arbres garde un feuillage vert toute l’année, ce qui n’est pas un problème de santé mais empêche la couleur attendue.

Deux autres causes reviennent souvent : un excès d’azote, qui pousse l’arbuste à faire des feuilles vertes au lieu de colorer, et un hiver très doux, les pigments rouges ayant besoin d’un écart marqué entre le jour et la nuit. Certaines variétés à feuillage clair ne rougissent pas du tout.

Les baies du nandina sont-elles toxiques ?

Oui, pour les animaux. Les baies contiennent des composés qui libèrent du cyanure lors de la digestion, et une ingestion en quantité est dangereuse pour les chiens, les chats et les oiseaux de basse-cour. Elles sont également toxiques pour l’homme et ne doivent jamais être consommées.

Cela ne condamne pas l’arbuste : il suffit de ne pas le planter dans un enclos à poules ni là où un chien ramasse tout ce qui tombe, et de ramasser les baies au sol si de jeunes enfants jouent à proximité. Pour nourrir vraiment les merles et les grives, mieux vaut des arbustes à baies utiles aux oiseaux. Sur les plantes toxiques, l’Anses publie des informations fiables et les coordonnées des centres antipoison.

Quelle variété choisir selon la place disponible ?

Les variétés naines ont largement remplacé l’espèce type dans les petits jardins : couleur plus franche, hauteur de bordure. Les chiffres ci-dessous valent pour un pied adulte en pleine terre.

Variété Hauteur adulte Couleur d’hiver Usage conseillé
‘Firepower’ 0,6 à 0,8 m rouge vif à écarlate pot, bordure, premier plan de massif ; fructifie peu
‘Gulf Stream’ 0,8 à 1,2 m rouge orangé haie basse régulière, massif
‘Obsessed’ 0,8 à 1 m jeunes pousses rouge vif massif coloré au printemps et en hiver
‘Lemon Lime’ 0,8 à 1 m vert jaune, sans rouge contraste clair dans un coin ombragé
Nandina domestica (type) 1,5 à 2 m rouge bronze fond de massif, écran léger, belles grappes de baies

Pour une haie basse persistante, ‘Gulf Stream’ est le plus régulier. Si vous voulez des baies, gardez l’espèce type : la plupart des variétés naines fleurissent peu et fructifient encore moins.

Avec quoi l’associer au jardin ?

Avec tout ce qui travaille en hiver. Le nandina apporte de la couleur et de la verticalité, mais ni parfum ni floraison marquante : ce sont ses voisins qui s’en chargent.

Les associations les plus solides se font avec les arbustes persistants de fin d’hiver comme le laurier-tin, le skimmia ou le sarcococca, dont le feuillage sombre fait ressortir le rouge. Un hamamélis planté derrière prolonge l’intérêt en janvier, et un arbuste parfumé d’hiver près d’un passage complète l’ensemble. Au pied, des bulbes précoces et quelques fougères persistantes suffisent : le nandina laisse passer assez de lumière.