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Que planter en novembre au potager, au verger et au jardin bio

2026-10-03 par Jardinerbio • Temps de lecture 10 min

Que planter en novembre quand les journées raccourcissent et que le sol commence à refroidir ? Que planter en novembre désigne l’ensemble des légumes, arbres, bulbes et vivaces que l’on installe au jardin pendant ce mois charnière, où la terre reste tiède alors que la végétation ralentit. C’est précisément ce décalage qui rend la période si intéressante : les racines continuent de travailler en profondeur pendant que les feuilles se mettent au repos. Tout ce que vous mettez en terre maintenant prendra une avance considérable sur les plantations de printemps.

Voici un parcours complet, espace par espace, avec les gestes qui comptent vraiment.

Pourquoi novembre est un mois de plantation privilégié

Le sol garde la chaleur accumulée pendant l’été bien plus longtemps que l’air. En novembre, il affiche encore souvent entre huit et douze degrés dans la plupart des régions françaises, alors que les matinées peuvent être fraîches. Les racines d’un jeune arbre ou d’un plant de salade profitent de cette tiédeur pour s’installer sans avoir à nourrir en même temps un feuillage en pleine croissance.

À cela s’ajoute l’humidité. Les pluies d’automne font le travail d’arrosage à votre place, ce qui évite le stress hydrique qui plombe tant de plantations printanières. Une plante installée maintenant aura passé tout l’hiver à développer son système racinaire. Au redémarrage, elle part avec plusieurs semaines d’avance et résiste nettement mieux à la première sécheresse.

Au potager : légumes et aromatiques à installer

L’ail, l’oignon et l’échalote

C’est le trio phare du mois. L’ail blanc et l’ail violet se plantent en novembre dans les terres qui ne retiennent pas l’eau, caïeux pointe vers le haut, enterrés de deux à trois centimètres seulement. Si votre sol est lourd et colle aux chaussures après la pluie, surélevez la ligne de plantation en formant une petite butte de dix centimètres. L’excès d’eau en hiver fait bien plus de dégâts que le froid lui-même. Le détail des variétés et des associations se trouve dans notre guide pour planter l’ail en automne.

Les oignons blancs et les échalotes suivent la même logique. Espacez les bulbes d’une quinzaine de centimètres et laissez trente centimètres entre les rangs pour pouvoir désherber confortablement au printemps.

La mâche et les salades d’hiver

La mâche semée en début de mois dans les régions douces lève encore très bien et vous donnera des récoltes jusqu’au coeur de l’hiver. Semez dense, en plein sol, sur une terre tassée au dos du râteau : cette petite salade apprécie un sol ferme. Plus tard dans le mois, mieux vaut repiquer des plants achetés que de semer. Notre guide complet de la mâche détaille les variétés les plus rustiques.

À côté, les laitues d’hiver, les chicorées et la roquette d’hiver se repiquent encore sans difficulté, surtout sous un voile léger. Ce sont des cultures peu exigeantes qui occupent utilement des planches qui resteraient nues.

Les fèves et les petits pois à grains ronds

Voilà le pari le plus gratifiant du mois. Semer les fèves et les petits pois à grains ronds en novembre leur permet de passer l’hiver au stade jeune plant, puis de démarrer très tôt au printemps. Vous récoltez alors trois à quatre semaines avant un semis de mars, et les pucerons noirs, qui attaquent habituellement les fèves tardives, trouvent des plantes déjà robustes.

Semez à cinq centimètres de profondeur, en poquets de deux ou trois graines, et paillez légèrement. Cette méthode fonctionne très bien partout sauf dans les secteurs où le thermomètre descend durablement sous les moins dix degrés.

Les engrais verts et les planches à couvrir

Pour les parcelles que vous ne cultivez pas, le seigle et la vesce d’hiver se sèment encore en tout début de mois. Passé cette fenêtre, le plus simple et le plus efficace reste de couvrir la terre d’une couche de feuilles mortes ou de paille. Un sol nu en hiver se tasse, se lessive et perd sa vie microbienne. Notre article sur le paillage d’hiver explique comment doser l’épaisseur selon le type de terre.

Côté légumes déjà en place, pensez à butter les poireaux et à récolter au fur et à mesure les légumes résistants au froid, dont la saveur s’améliore après les premières gelées.

Au verger : la grande saison des racines nues

Si vous ne deviez retenir qu’une chose de ce mois, ce serait celle-ci. Novembre ouvre la saison des plantations d’arbres et d’arbustes à racines nues, et le vieux dicton « à la Sainte-Catherine, tout bois prend racine » dit vrai. Pommiers, poiriers, pruniers, cerisiers, mais aussi groseilliers, cassissiers et framboisiers s’installent tous à cette période.

La méthode tient en quelques gestes. Creusez un trou large plutôt que profond, environ soixante centimètres de côté, et décompactez le fond à la fourche-bêche sans retourner les couches de terre. Taillez les extrémités des racines abîmées, trempez-les dans un mélange de terre, de bouse ou de compost mûr et d’eau, puis installez l’arbre en veillant à ce que le point de greffe reste nettement au-dessus du niveau du sol. Comblez avec la terre d’origine, sans ajouter d’engrais dans le trou, et arrosez abondamment même s’il pleut : c’est l’eau qui chasse les poches d’air autour des racines.

Les petits fruits suivent le même principe mais demandent moins de place. Les fraisiers aussi s’installent encore, comme détaillé dans notre guide pour planter les fraisiers en automne. Du côté des arbustes d’ornement, nos confrères détaillent bien la marche à suivre pour planter les arbustes en automne.

Fleurs, bulbes et vivaces

Novembre est la dernière fenêtre confortable pour les bulbes de printemps. Tulipes, narcisses, crocus, muscaris et aulx d’ornement se plantent encore sans problème, et les tulipes se plaisent même mieux plantées tard : le froid limite les risques de maladie du bulbe. Comptez une profondeur de deux à trois fois la hauteur du bulbe. Notre guide pour planter les bulbes en automne donne les bonnes distances espèce par espèce.

Les vivaces rustiques se plantent également très bien maintenant : pivoines, hémérocalles, achillées, géraniums vivaces, graminées. Elles mettront l’hiver à profit pour s’enraciner. Évitez simplement les vivaces à feuillage persistant d’origine méditerranéenne, comme les santolines ou les lavandes, qui préfèrent le printemps dans les régions humides.

Sur le balcon et sous châssis

Un balcon ne se met pas au repos en novembre. Les bulbes se plantent en potées, en superposant deux étages de bulbes dans un pot profond pour étaler la floraison. La mâche, la roquette et les jeunes pousses de salade poussent très bien en jardinière placée contre un mur exposé au sud, qui restitue la chaleur accumulée dans la journée.

Les aromatiques rustiques comme le thym, la ciboulette et le persil acceptent encore d’être rempotées. Surélevez les pots sur des cales : posé à même le sol, un pot se gorge d’eau et les racines finissent par pourrir. C’est la première cause de pertes hivernales sur balcon, bien avant le gel.

Adapter selon votre région

La France couvre des climats très différents et le calendrier doit se lire avec cette nuance en tête.

Dans le Nord, l’Est et les zones de montagne, novembre est un mois de transition rapide. Avancez les plantations en tout début de mois, privilégiez l’ail, les arbres à racines nues et les bulbes, et oubliez les semis de salades en plein sol. Un paillage généreux sur les planches plantées est indispensable, car c’est l’alternance gel et dégel qui déchausse les jeunes racines.

Sur la façade atlantique, de la Bretagne au Pays basque, la douceur et l’humidité permettent de tout faire, à condition de surveiller le drainage. Sur sol argileux, plantez sur de petites buttes.

Dans le Sud-Ouest, le Sud-Est et le pourtour méditerranéen, novembre ressemble souvent à un mois d’automne doux. Vous pouvez semer les fèves et les petits pois sans hésiter, repiquer des salades, installer des artichauts et planter les agrumes rustiques en pleine terre dans les secteurs abrités. Le risque principal n’est pas le froid mais les épisodes de pluie intense : assurez-vous que l’eau ne stagne jamais au pied des plantations.

Dans tous les cas, un coup d’oeil aux prévisions avant de sortir la bêche évite bien des déconvenues. Les tendances à une semaine publiées par Météo-France suffisent largement pour caler une séance de plantation.

Un coup d’oeil au calendrier lunaire

Si vous jardinez avec la lune, le mois se lit simplement. Les périodes de lune descendante sont considérées comme les plus favorables aux plantations, aux repiquages et à tout ce qui concerne les racines : c’est là que l’on installe les arbres, les bulbes, l’ail et les vivaces. Les jours racines conviennent aux bulbes et aux légumes souterrains, les jours feuilles aux salades et aux épinards.

Cette approche n’a rien d’obligatoire. Si la terre est détrempée ou gelée, aucune phase lunaire ne compensera. Voyez-y un outil d’organisation plutôt qu’une règle stricte.

Erreurs fréquentes

Planter dans une terre détrempée. C’est l’erreur la plus courante du mois. Travailler un sol gorgé d’eau le tasse durablement et asphyxie les racines. Prenez une poignée de terre : si elle colle et forme une boule compacte, attendez quelques jours.

Ajouter de l’engrais ou du compost frais dans le trou de plantation. Les racines fraîchement coupées brûlent au contact d’une matière organique non décomposée. Le compost mûr se dépose en surface, après la plantation, jamais au fond du trou.

Enterrer le point de greffe. Sur un arbre fruitier, le renflement situé en bas du tronc doit rester visible au-dessus du sol. Enterré, il provoque un affranchissement qui annule l’effet du porte-greffe et déséquilibre l’arbre pour toujours.

Oublier le tuteur et l’arrosage. Un jeune arbre non tuteuré est balancé par le vent d’hiver, ce qui casse les radicelles au fur et à mesure qu’elles se forment. Et même sous la pluie, le premier arrosage copieux reste indispensable pour plaquer la terre contre les racines.

Laisser le sol nu. Entre les plantations, couvrez systématiquement. Un sol protégé en novembre, c’est une terre bien plus facile à travailler au printemps suivant.

Questions fréquentes

Peut-on encore semer des légumes en novembre ?

Oui, mais la liste se resserre. Les fèves, les petits pois à grains ronds, la mâche en début de mois et quelques salades d’hiver sous protection constituent l’essentiel. Les semis de plein été, eux, sont terminés.

Faut-il attendre que les feuilles soient tombées pour planter un arbre ?

C’est préférable. La chute des feuilles signale que l’arbre est entré en repos et que la sève ne circule plus activement. Un sujet à racines nues est de toute façon livré sans feuillage.

Mon sol est très argileux, puis-je quand même planter ?

Oui, à condition d’améliorer le drainage. Plantez sur une légère butte, incorporez du compost mûr et du sable grossier dans la terre de remplissage, et évitez absolument de creuser un trou en forme de cuvette dans lequel l’eau viendrait s’accumuler.

Que faire si une gelée est annoncée juste après la plantation ?

Pour les arbres et les bulbes, aucun souci : ils sont installés pour affronter l’hiver. Pour les jeunes plants de salade ou les semis levés, un voile léger ou une couche de feuilles mortes suffit largement à passer le cap. Les choux d’hiver, eux, ne craignent rien.

Et si j’ai raté le mois d’octobre ?

Rien n’est perdu. La plupart des gestes d’octobre restent possibles en novembre, simplement avec un peu moins de marge. Notre récapitulatif de ce qu’il faut planter en octobre reste utile pour rattraper les plantations en retard.

Comment réussir ses semis de mâche quand il fait déjà froid ?

Tassez bien le sol avant et après le semis, arrosez en pluie fine et couvrez d’un voile. La germination sera plus lente mais régulière. Nos confrères détaillent cette technique dans leur article sur le semis de mâche d’automne.

En résumé : que planter en novembre

  • Au potager : ail, oignon, échalote, fèves et petits pois à grains ronds, mâche et salades d’hiver, le tout sur un sol ressuyé et bien drainé.
  • Au verger : c’est la meilleure période de l’année pour les arbres fruitiers et les petits fruits à racines nues, point de greffe bien dégagé et arrosage copieux.
  • Côté fleurs : dernière fenêtre confortable pour les bulbes de printemps et excellent moment pour les vivaces rustiques et les arbustes de haie.
  • Partout : couvrez le sol, ne travaillez jamais une terre détrempée et adaptez le calendrier à votre climat local.
  • Le bon réflexe : une plantation faite maintenant demandera trois fois moins d’arrosage l’été prochain.

Ces recommandations s’appuient sur les pratiques éprouvées du jardinage biologique et sur l’observation de terrain partagée par les jardiniers depuis des générations, dans l’esprit des méthodes encouragées par le ministère de l’Agriculture en matière d’agriculture biologique. Chaque jardin reste un cas particulier : la nature de votre sol, votre exposition et votre microclimat affineront toujours ces repères.

Prenez le temps d’observer votre terrain avant de planter. Une demi-heure passée à regarder où l’eau stagne et où le soleil d’hiver arrive encore vous fera gagner des années de réussite.