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Quand tailler les pommiers ? Guide complet taille 2026

jardinier taillant un pommier en hiver, démonstration pratique pour savoir quand tailler les pommiers dans un verger familial

⏳ Temps de lecture : environ 12 minutes

Quand tailler les pommiers ? Vous rêvez d’un verger plein de pommes croquantes, mais vous hésitez toujours sur la bonne période et la bonne façon de sortir le sécateur sans faire de dégâts ?

Quand tailler les pommiers ? désigne le bon moment et les bons gestes pour intervenir sur vos pommiers afin de favoriser la fructification, la santé de l’arbre et une production régulière, le tout dans une culture douce et respectueuse du vivant.

Introduction

Savoir précisément quand tailler les pommiers change tout dans un verger familial. Une taille bien placée dans l’année, même simple, peut faire la différence entre quelques fruits épars et des paniers remplis de pommes parfumées.

La taille ne sert pas seulement à « faire joli ». Elle accompagne l’arbre dans son équilibre naturel : lumière, circulation de l’air, renouvellement du bois, mise à fruits. L’objectif n’est pas de dompter le pommier mais de le guider en douceur.

Dans ce guide, nous allons voir ensemble les meilleures périodes de taille, les bons gestes, les erreurs à éviter et des astuces concrètes pour adapter vos interventions à votre climat, à l’âge de l’arbre et à la variété. Vous pourrez ensuite compléter avec cette astuce pratique pour bien tailler vos arbres fruitiers déjà proposée sur Jardinerbio.

Pourquoi ce conseil est utile pour vos pommiers

Un pommier bien taillé produit mieux et plus longtemps

Un pommier laissé totalement libre finit souvent par produire moins, puis par alterner fortement d’une année sur l’autre. Les branches se croisent, se fatiguent, portent moins de bourgeons à fleurs et plus de bois.

En comprenant quand tailler les pommiers et comment le faire, vous aidez l’arbre à :

– recevoir plus de lumière au coeur de la ramure
– produire des rameaux courts bien garnis de boutons floraux
– limiter le bois inutile qui épuise la sève
– mieux résister au vent et aux épisodes de gel tardif

Une bonne taille limite naturellement maladies et problèmes

Un pommier trop touffu garde l’humidité après la pluie. C’est l’idéal pour le développement de maladies comme la tavelure ou l’oïdium.

En éclaircissant régulièrement la charpente au bon moment, vous :

– améliorez l’aération du feuillage
– permettez un séchage plus rapide après la pluie
– limitez la pression de maladies, sans recourir à des produits qui déséquilibrent le verger

Cette logique de prévention douce est la même que pour beaucoup d’arbustes et fruitiers du jardin, comme on le voit dans le guide sur les maladies du noisetier et leurs solutions naturelles.

Un verger plus facile à entretenir

Un pommier structuré dès les premières années est plus simple à gérer :

– branches accessibles sans échelle dangereuse
– cueillette facilitée
– taille annuelle rapide, en une ou deux interventions légères

Vous gagnez du temps, vous prenez confiance, et la taille des pommiers devient un rendez-vous agréable de l’année, au même titre que la taille d’une haie mixte bien équilibrée.

Quand tailler les pommiers selon les saisons ?

La grande règle : adapter au climat, à l’âge et au type de pommier

Il n’existe pas une seule réponse unique à la question « Quand tailler les pommiers ?« . On distingue plusieurs grandes périodes possibles, à adapter :

– à votre climat (hivers doux ou rigoureux)
– à l’âge de l’arbre (jeune, en formation, ou adulte)
– au type de conduite (tige, demi-tige, palmette, cordon)

L’idée n’est pas de tailler tout le temps, mais de choisir la ou les périodes les plus adaptées à VOTRE verger.

La taille d’hiver : entre fin janvier et mars

C’est la taille principale des pommiers dans beaucoup de régions.

Objectifs :

– structurer la charpente
– raccourcir ou supprimer les branches mal placées
– favoriser la mise à fruits pour l’année suivante

Période idéale :

– après les fortes gelées, quand le risque de froid intense est passé
– avant le débourrement (gonflement des bourgeons)

Dans les régions froides, on évite de tailler en plein coeur de l’hiver. Dans les régions plus douces, on peut intervenir un peu plus tôt, mais toujours hors période de gel.

Pour aller plus loin sur ce que l’on peut tailler en fin d’année au verger, vous pouvez consulter ce guide pratique sur ce qu’il faut tailler en décembre au verger.

La taille de printemps : retouches et observation

Au printemps, la taille se fait plus légère. On parle plutôt de « nettoyage » ou de retouche.

Objectifs :

– supprimer les rameaux manifestement gelés après l’hiver
– retirer les pousses qui concurrencent le tronc ou les charpentières
– corriger un oubli de la taille d’hiver

On intervient quand la végétation redémarre et que les dégâts du froid sont visibles.

La taille en vert (été) : pour calmer les excès de vigueur

En été, vous pouvez pratiquer une taille en vert, surtout sur les sujets très vigoureux ou conduits en palmette.

Objectifs :

– limiter les longues pousses verticales (gourmands)
– ouvrir le feuillage pour que la lumière atteigne les fruits
– favoriser la coloration et la qualité des pommes

Période :

– de fin juin à août, en dehors des grosses canicules

Cette taille doit rester mesurée. On coupe souvent seulement le tiers ou la moitié des jeunes pousses, pour ne pas épuiser l’arbre.

Faut-il tailler les pommiers en automne ?

En règle générale, on évite la taille importante des pommiers en automne.

Pourquoi ?

– les coupes stimulent une reprise de végétation tardive
– ces jeunes tissus sont fragiles face au froid
– les plaies restent ouvertes longtemps avant le repos hivernal

En automne, on se limite donc à :

– enlever une branche cassée
– supprimer un rameau malade

Pour une vision plus globale de ce qui peut être taillé en fin d’année, le guide complet sur la taille en décembre vous donnera des repères utiles.

Les grands types de taille des pommiers

Taille de formation : les premières années

La taille de formation dessine l’architecture de l’arbre. Elle se pratique surtout les 3 à 5 premières années.

Objectifs :

– choisir un tronc bien droit
– sélectionner 3 à 5 branches charpentières bien réparties
– ouvrir la couronne pour laisser entrer la lumière

Sur un jeune pommier planté en racines nues :

– on raccourcit la tige principale
– on sélectionne quelques rameaux bien placés
– on supprime les branches trop basses ou mal orientées

Taille de fructification : stimuler les pommes

Une fois la charpente en place, on entre dans la taille de fructification.

But : favoriser les rameaux courts portant des bourgeons à fleurs, appelés dards ou lambourdes.

On va donc :

– raccourcir les rameaux trop longs
– supprimer une partie des pousses verticales stériles
– conserver les petites branches bien placées, proches de la charpente

Taille de restauration : pour les vieux pommiers

Quand un pommier a été longtemps délaissé, il produit souvent loin du tronc, en bout de branches, et fait beaucoup de bois.

La taille de restauration se fait en plusieurs années :

– on raccourcit progressivement les branches trop longues
– on ramène la production plus près du tronc
– on supprime les parties très abîmées ou creuses

Mieux vaut étaler cette remise en forme sur 3 ou 4 hivers plutôt que de tout couper d’un coup, ce qui fatiguerait fortement l’arbre.

Tailler selon la forme : tige, palmette, cordon

La réponse à « Quand tailler les pommiers ? » dépend aussi de la forme choisie :

Pommier en tige ou demi-tige : taille principale en fin d’hiver, éventuellement petite taille en vert.
Palmette : taille d’hiver + taille en vert régulière pour maintenir la forme à plat.
Cordon : plusieurs petites interventions dans l’année pour garder une structure compacte.

Les principes restent les mêmes, mais l’intensité et la fréquence de la taille varient.

Étapes détaillées : comment tailler un pommier pas à pas

1. Observer avant de couper

Avant de sortir le sécateur, prenez le temps de regarder votre pommier sous tous les angles.

Repérez :

– les branches charpentières principales
– les branches qui se croisent
– les pousses très verticales
– les parties mortes ou malades

Vous pouvez même faire un petit croquis rapide. Cela aide à visualiser ce que vous allez garder.

2. Préparer le matériel de taille

Un bon outillage, propre et bien affûté, est essentiel pour une taille nette qui cicatrise vite.

Matériel de base :

– sécateur bien affûté pour les petites sections
– coupe-branches pour les branches moyennes
– scie d’élagage pour les grosses branches

Avant la taille, nettoyez les lames avec de l’alcool ou de l’eau savonneuse chaude, surtout si vous passez d’un arbre à l’autre. C’est un réflexe simple pour limiter la transmission de maladies, comme on le recommande aussi pour les arbustes d’ornement dans le guide complet sur les cornouillers.

3. Commencer par le bois mort, malade ou cassé

C’est la première étape de toute taille douce.

– repérez les branches sèches, cassées ou avec des chancres
– coupez-les proprement, en revenant sur du bois sain
– brûlez ou évacuez ces déchets loin du verger

Cette simple opération améliore déjà beaucoup la santé de l’arbre.

4. Éclaircir le coeur de l’arbre

L’objectif est de faire entrer la lumière et de faciliter la circulation de l’air.

Concrètement :

– supprimez les branches qui se croisent
– retirez celles qui poussent vers l’intérieur de la couronne
– gardez une structure en gobelet ouvert, avec un coeur bien dégagé

Imaginez qu’un oiseau doit pouvoir traverser l’arbre sans se cogner partout.

5. Gérer les prolongements et les gourmands

Les prolongements sont les extrémités des branches charpentières. Les gourmands sont ces pousses très vigoureuses, souvent verticales.

Pour une taille de fructification :

– raccourcissez les prolongements au dessus d’un bourgeon dirigé vers l’extérieur
– supprimez une partie des gourmands, surtout ceux qui sont au centre
– conservez éventuellement quelques gourmands bien placés pour renouveler une branche fatiguée

6. Prendre soin des coupes

Une coupe nette cicatrise mieux.

– coupez légèrement en biais, au dessus d’un bourgeon
– ne laissez pas de chicot (morceau de bois mort au dessus du bourgeon)
– sur les grosses branches, faites une entaille par dessous avant de couper par dessus, pour éviter l’arrachement de l’écorce

Dans une approche de culture douce, on réserve le mastic aux grosses plaies, et seulement si le climat est très humide. Le plus important reste la qualité de la coupe.

7. Après la taille : observer la réaction de l’arbre

Les mois qui suivent, observez comment le pommier réagit :

– pousse-t-il beaucoup de bois neuf ?
– fait-il davantage de fleurs et de fruits ?

Vous ajusterez ainsi, année après année, l’intensité de votre taille. C’est ce même principe d’observation progressive qui permet d’entretenir une haie mixte vivante et équilibrée sur le long terme.

Erreurs fréquentes à éviter quand on taille les pommiers

Tailler trop fort d’un coup

C’est l’erreur la plus courante. Une taille trop sévère :

– affaiblit l’arbre
– provoque une réaction de défense avec une explosion de gourmands
– retarde la fructification

Mieux vaut tailler un peu chaque année qu’énormément tous les 5 ou 10 ans.

Tailler au mauvais moment

Tailler en période de fortes gelées ou juste avant un gros coup de froid expose les plaies et les jeunes bourgeons.

De même, une taille importante en automne fragilise l’arbre avant l’hiver.

Rappelez-vous :

– taille de structure et de fructification : fin d’hiver
– retouches : printemps
– taille en vert légère : été

Supprimer les bons rameaux à fruits

Quand on débute, il est facile de confondre les rameaux à bois et les rameaux à fruits.

En simplifiant :

– les rameaux très longs et lisses portent surtout des bourgeons à bois
– les rameaux courts, un peu renflés, portent souvent des bourgeons floraux

En cas de doute, mieux vaut laisser un peu plus de bois à fruits que tout supprimer.

Oublier l’âge de l’arbre

Un jeune pommier supporte mieux une taille un peu plus soutenue qu’un très vieux sujet. À l’inverse, sur un arbre âgé, on privilégie les petites interventions répétées.

Adaptez toujours votre manière de tailler à la vigueur et à l’âge du pommier.

Astuces bonus de jardinier pour un verger vivant

Associer taille et gestion des fruits

La taille des pommiers va de pair avec l’éclaircissage des fruits au printemps.

Si l’arbre porte trop de petites pommes :

– cassez délicatement quelques fruits en surplus
– gardez 1 fruit tous les 10 à 15 cm environ sur la branche

Vous obtiendrez des pommes plus grosses, plus savoureuses, et l’arbre s’épuisera moins.

Recycler les branches taillées intelligemment

Les petites branches de pommier peuvent :

– être broyées pour faire un paillage
– servir à nourrir le compost

Évitez simplement de broyer les bois clairement malades. Ceux-ci sont à évacuer.

Penser au verger comme à un écosystème

Un pommier en bonne santé ne dépend pas uniquement de la taille. Il profite aussi :

– d’une haie diversifiée à proximité
– de fleurs mellifères pour attirer les pollinisateurs
– d’une vie du sol riche

Vous pouvez vous inspirer des plantes proposées pour offrir des plantes à Noël. Beaucoup sont aussi intéressantes pour nourrir les insectes utiles autour du verger.

Observer les autres fruitiers du jardin

En prenant l’habitude de tailler régulièrement vos pommiers, vous gagnerez rapidement en assurance pour les autres fruitiers : poiriers, pruniers, noisetiers, grenadiers.

Le principe d’observation, de taille progressive et de respect de la forme naturelle de l’arbre reste valable, comme on le voit dans le guide complet sur le grenadier.

FAQ : Quand tailler les pommiers ?

Je débute : quel est le meilleur moment pour tailler un pommier chez moi ?

Si vous débutez, retenez une règle simple :

– attendez la fin de l’hiver, quand les grosses gelées sont passées
– taillez avant que les bourgeons ne s’ouvrent vraiment

Dans beaucoup de régions, cela correspond à la période février mars. En climat très doux, on peut parfois intervenir dès janvier, hors gel.

Puis-je tailler un pommier en été si j’ai raté la taille d’hiver ?

Oui, mais avec douceur. Contentez-vous de :

– enlever le bois mort ou très gênant
– raccourcir légèrement quelques pousses trop vigoureuses

Gardez la vraie taille de structure pour la fin de l’hiver suivant. Une taille trop forte en été peut fatiguer l’arbre et le rendre plus sensible au stress hydrique.

Comment reconnaître un bourgeon à fruits sur un pommier ?

Un bourgeon à fruits est généralement :

– plus gros
– plus rond
– souvent porté par un petit rameau court et trapu

Les bourgeons à bois sont plus allongés, plus fins, plaqués contre le rameau.

Mon vieux pommier n’a pas été taillé depuis des années, que faire ?

Commencez par :

– enlever le bois mort et les branches cassées
– éclaircir un peu le coeur de l’arbre

Puis, sur 3 ou 4 ans, raccourcissez progressivement les grandes branches, en ramenant la production plus près du tronc. Ne cherchez pas à tout rajeunir en une seule fois.

Faut-il absolument tailler tous les ans ?

Non, ce n’est pas une obligation stricte. Mais une petite intervention annuelle ou tous les deux ans permet :

– de garder une structure claire
– d’éviter les gros travaux de rattrapage

Une taille régulière, même très légère, est souvent plus douce pour l’arbre et plus confortable pour le jardinier.

En résumé : Quand tailler les pommiers ?

La réponse à la question « Quand tailler les pommiers ? » se résume à quelques grandes idées : une taille principale en fin d’hiver, des retouches au printemps et une petite taille en vert si besoin, le tout avec douceur et régularité.

Points clés à retenir :

– privilégiez la fin d’hiver pour la taille de structure et de fructification
– adaptez vos gestes à l’âge, à la vigueur et à la forme du pommier
– commencez toujours par le bois mort, malade ou cassé
– évitez les tailles trop sévères faites d’un seul coup
– observez la réaction de l’arbre pour ajuster vos tailles d’année en année

Ces conseils s’appuient sur des pratiques de jardinage éprouvées et des sources de référence en arboriculture et en écologie.

Pour aller plus loin, explorez d’autres techniques simples pour rendre votre potager et votre verger encore plus vivants et productifs.

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Le site du ministère de l’Agriculture propose régulièrement des ressources sur le verger familial et la gestion durable des arbres fruitiers.

Pour des bases théoriques complémentaires sur la physiologie des arbres, vous pouvez aussi consulter les ressources pédagogiques des écoles d’agronomie comme AgroParisTech.