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Protéger les fraisiers en hiver : nettoyer, pailler et passer le froid

2026-10-16 par Jardinerbio • Temps de lecture 9 min

Protéger les fraisiers en hiver, est-ce vraiment utile alors que les plants semblent déjà au repos ? Oui, car c’est pendant la mauvaise saison que se prépare la récolte suivante. Protéger les fraisiers en hiver, c’est nettoyer les touffes, couvrir le sol autour des pieds et éviter l’eau qui stagne, pour que chaque plant reparte vite dès que la lumière revient. Le fraisier supporte bien le froid, il vit au ralenti pendant plusieurs mois puis redémarre tout seul. Ce qui l’affaiblit, c’est plutôt l’humidité qui reste autour du cœur du plant, les vieilles feuilles malades laissées sur place et les racines soulevées par les gelées.

Ce qui fatigue vraiment les fraisiers pendant l’hiver

Un fraisier bien installé en pleine terre traverse sans dommage des nuits très froides, même quand le thermomètre descend nettement sous zéro. Le feuillage peut brunir, se coucher, parfois disparaître presque entièrement, et le pied repart quand même. Le froid seul n’est donc pas l’ennemi principal.

Les vraies causes de pertes sont plus discrètes. La première est l’excès d’eau : un sol lourd qui reste détrempé pendant des semaines fait pourrir le cœur du plant, cette petite couronne d’où partent les nouvelles feuilles. La deuxième est l’alternance entre gel et dégel, qui soulève la terre et déchausse les racines des jeunes plants installés à la fin de l’été. La troisième est sanitaire : les feuilles tachées laissées au sol gardent les maladies d’une saison à l’autre, un point détaillé dans notre dossier sur les maladies de la fraise et les solutions naturelles. La quatrième, enfin, vient des limaces, qui se réfugient volontiers sous les touffes et grignotent les jeunes pousses dès les premiers redoux, comme expliqué dans notre article sur les limaces en automne.

Retenir cela change tout, car la protection ne consiste pas à emmitoufler les plants. Elle consiste à les garder propres, au sec en surface et bien ancrés dans le sol.

Nettoyer les touffes avant les premiers froids

Le nettoyage est le geste le plus rentable de la saison, et il demande à peine quelques minutes par mètre de rang.

Couper les vieilles feuilles

Passez les plants en revue et coupez au ras les feuilles brunes, jaunes ou couvertes de taches, en gardant les jeunes feuilles du centre bien vertes. Ce sont elles qui nourrissent le pied pendant les journées douces de la mauvaise saison. Utilisez un outil propre et net, un passage rapide suffit, l’objectif étant d’aérer la touffe et non de la raser. Les feuilles retirées partent au compost si elles sont saines, et à l’écart du potager si elles sont très tachées.

Supprimer les derniers stolons

Les stolons sont ces longues tiges rampantes que le fraisier émet pour se multiplier, avec une petite rosette de feuilles au bout. Tant qu’ils restent attachés, ils puisent dans les réserves du pied mère. Coupez ceux qui traînent encore, et profitez-en pour repiquer les jeunes rosettes bien enracinées dans un coin libre si vous souhaitez agrandir la planche. C’est le principe de la multiplication maison, que nos amis de Jardin365 détaillent dans leur guide pour planter des fraisiers en fin d’été.

Profitez de ce passage pour retirer les herbes installées entre les pieds et pour rebutter légèrement la terre autour des plants dont les racines commencent à apparaître. Un fraisier déchaussé est un fraisier fragile. Si vous partez de plus loin, le guide complet de culture du fraisier reprend toutes les bases de la plantation à la récolte.

Pailler le sol, la protection la plus efficace

Le paillage joue trois rôles à la fois : il amortit les écarts de température au niveau des racines, il empêche la terre de se tasser sous les pluies et il garde les fruits propres au printemps suivant. C’est aussi lui qui évite le déchaussement des jeunes plants.

Quel paillage choisir

  • La paille : la valeur sûre, légère, qui laisse passer l’air et se décompose lentement. C’est d’ailleurs elle qui a donné son nom anglais à la fraise cultivée.
  • Les feuilles mortes : gratuites et efficaces, à condition de choisir des feuilles plutôt petites et de ne pas en faire un matelas compact qui retient l’eau.
  • La tonte bien séchée : utile en fine couche seulement, car une tonte fraîche chauffe et colle.
  • Les aiguilles de pin : parfaites autour des fraisiers, elles restent aérées et conviennent bien à cette plante qui apprécie les sols légèrement acides.
  • Le broyat de branches : plutôt réservé aux allées et au pourtour de la planche, car il met du temps à se décomposer.

Pour comparer les matériaux et leurs usages dans tout le jardin, voyez notre page sur le paillage d’hiver pour protéger le sol du potager ainsi que le guide du paillage au jardin publié sur Jardin365.

Quelle épaisseur et quand le poser

Comptez une couche de cinq centimètres environ, étalée entre les pieds et non par-dessus. Le point important tient en une phrase : le cœur du plant doit rester dégagé et visible. Un paillage qui recouvre la couronne fait pourrir le fraisier bien plus sûrement que le froid.

Le bon moment arrive quand le sol est encore ressuyé mais que les premières nuits froides s’annoncent. Pailler trop tôt sur une terre gorgée d’eau enferme l’humidité, pailler très tard laisse la terre se compacter sous les pluies. En pratique, un passage au moment où les feuilles des arbres tombent en masse tombe presque toujours juste.

Les fraisiers en pot et en jardinière

Les plants cultivés en contenant sont bien plus exposés, car la motte gèle de tous les côtés alors qu’en pleine terre le sol joue un rôle de tampon. Trois gestes simples suffisent le plus souvent.

Regroupez d’abord les pots contre un mur de la maison, à l’abri du vent dominant, ce qui gagne quelques degrés sans aucun matériel. Surélevez ensuite chaque contenant sur des cales ou des pieds, pour que l’eau s’évacue librement par le trou du fond : un pot posé à plat dans une soucoupe pleine est la cause de pertes la plus fréquente sur balcon. Entourez enfin les pots les plus fins d’un matériau isolant, carton, toile de jute ou vieux sac, car c’est la motte qu’il faut protéger, pas le feuillage.

Rentrer les plants dans un endroit chauffé serait une mauvaise idée. Le fraisier a besoin d’une vraie période de froid pour former ses boutons à fleurs, et un plant maintenu au chaud donne un feuillage mou et très peu de fruits. Un garage froid et lumineux, une véranda non chauffée ou un simple coin abrité du jardin conviennent parfaitement.

Faut-il arroser et nourrir pendant l’hiver

En pleine terre, l’arrosage s’arrête, les pluies suffisent largement. En pot, surveillez simplement que la motte ne se dessèche pas complètement pendant les longues périodes sèches et venteuses : un petit arrosage par temps doux, le matin, remet les choses en place.

Côté nourriture, aucun engrais ne se justifie pendant cette période, la plante ne le consomme pas et il finit entraîné par les pluies. Réservez le compost mûr et les apports organiques pour la fin de la mauvaise saison, juste avant la reprise. Notre article sur les méthodes pour augmenter le rendement de ses fraisiers détaille ces apports de reprise, à réserver au moment où la plante repart vraiment.

Adapter la protection à sa région

Dans l’Ouest et sur le pourtour méditerranéen, le froid reste modéré et l’humidité devient le souci principal. Allégez le paillage, assurez-vous que l’eau s’écoule bien et surveillez les limaces, actives dès que la douceur revient. Dans le Nord, l’Est et en altitude, où les nuits avec un risque de gel important se répètent, épaississez un peu la couche et protégez en priorité les plants installés depuis peu, dont les racines ne sont pas encore descendues.

Un voile léger posé sur les planches les plus exposées rend service pendant les épisodes vraiment froids, puis se retire dès que la température remonte, comme expliqué dans notre article sur le voile d’hivernage et le bon moment pour le poser. Un coup d’œil régulier aux prévisions sur Météo-France permet d’anticiper ces coups de froid sans couvrir les plants pendant des semaines inutilement. Pour replacer ces gestes dans une pratique de jardinage respectueuse du vivant, le ministère de la Transition écologique publie des repères utiles sur la réduction des produits de traitement au jardin. Et si vous débutez avec cette culture, la fiche plantation, entretien et récolte des fraises de Jardin365 complète bien ce qui précède.

Erreurs fréquentes

  • Recouvrir le cœur du plant avec le paillage, ce qui fait pourrir la couronne pendant les semaines humides.
  • Laisser les feuilles malades en place en pensant qu’elles protègent du froid, alors qu’elles conservent les maladies jusqu’au printemps.
  • Pailler sur une terre détrempée, ce qui enferme l’humidité au lieu d’amortir le froid.
  • Rentrer les pots dans une pièce chauffée, et obtenir au printemps de belles feuilles mais presque pas de fleurs.
  • Oublier les plants déchaussés après une série de gelées, alors qu’un simple rebuttage sauve le pied.
  • Apporter de l’engrais en pleine mauvaise saison, sans effet sur la plante et sans intérêt pour le sol.

Questions fréquentes

Faut-il couper toutes les feuilles des fraisiers avant l’hiver ?

Non. On retire les feuilles abîmées, sèches ou tachées, et on garde les jeunes feuilles vertes du centre. Une taille complète affaiblit le plant, qui devra tout reconstruire au moment où il manque encore de lumière.

Un fraisier peut-il mourir de froid en pleine terre ?

C’est rare pour un pied bien enraciné, car cette plante supporte des températures très basses. Les pertes viennent surtout de l’eau stagnante, du déchaussement des racines ou d’un plant déjà affaibli par la maladie avant la mauvaise saison.

Peut-on encore planter des fraisiers à cette période ?

Oui dans les régions douces, tant que le sol n’est pas gelé et reste facile à travailler. Ailleurs, mieux vaut attendre la fin de l’hiver, car un plant installé juste avant une série de fortes gelées n’a pas le temps de s’ancrer et se retrouve soulevé hors du sol.

Quand retirer le paillage au printemps ?

Dès que la végétation redémarre et que le sol se réchauffe, on écarte la couche autour des pieds pour laisser la terre tiédir, puis on la remet en place au moment où les premiers fruits se forment, afin qu’ils ne touchent pas le sol.

En résumé : protéger les fraisiers en hiver

  • Nettoyez les touffes, coupez les feuilles abîmées et supprimez les derniers stolons.
  • Paillez sur cinq centimètres environ, entre les pieds, en laissant le cœur du plant bien dégagé.
  • Surveillez l’eau plutôt que le thermomètre, car c’est l’humidité qui fait le plus de dégâts.
  • Regroupez les pots contre un mur, surélevez-les et gardez-les au froid plutôt qu’au chaud.
  • Rebuttez les plants déchaussés après les gelées et reportez les apports de compost à la reprise.

Ces conseils s’appuient sur la pratique du jardinage sans produits chimiques et sur l’observation de planches de fraisiers conduites année après année, dans des sols et des climats différents. Essayez ces gestes sur quelques pieds cette saison, vous verrez la différence dès les premières fraises.