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Lierre terrestre : vous voyez cette petite plante rampante coloniser vos massifs et vous vous demandez si vous devez la laisser, la maîtriser ou l’utiliser au jardin et en cuisine ?
Lierre terrestre : plante vivace rampante de la famille des lamiacées, souvent considérée comme une « mauvaise herbe », mais précieuse pour le sol, les pollinisateurs et certaines utilisations maison.
- Introduction
- Planter ou laisser le lierre terrestre
- Entretien, maîtrise et associations au jardin
- Maladies et ravageurs du lierre terrestre
- Récolte et conservation du lierre terrestre
- Idées d’utilisation au jardin et en cuisine
- FAQ sur le lierre terrestre
- En résumé
Introduction
Le lierre terrestre, aussi appelé gléchome lierre terrestre ou gléchome lierre rampante, fait partie de ces plantes spontanées qu’on arrache souvent sans les connaître. Pourtant, ce couvre sol rustique peut devenir un véritable allié dans un jardin vivant.
Il forme des tapis denses grâce à ses tiges rampantes qui s’enracinent au contact du sol. Ses petites feuilles arrondies, légèrement crénelées, dégagent un parfum aromatique quand on les froisse. Au printemps, le lierre terrestre se couvre de petites fleurs mauves très mellifères, qui attirent abeilles sauvages et autres pollinisateurs.
Dans ce guide, nous allons voir comment l’identifier sans confusion, comment le maîtriser quand il est trop envahissant, et comment profiter de ses atouts au jardin et dans la maison.
Planter ou laisser le lierre terrestre au jardin
Faut-il vraiment « planter » le lierre terrestre ?
Le plus souvent, le lierre terrestre arrive tout seul, porté par le vent, les oiseaux ou un morceau de racine oublié dans une motte de terre. Il n’existe pas de sachets de graines courants pour cette plante, car elle se multiplie surtout par ses tiges rampantes.
Dans un jardin en culture douce, l’idée n’est pas tant de planter le lierre terrestre que de décider où on le laisse s’installer, et où on le limite. Vous pouvez aussi le transplanter en prélevant un morceau de tapis avec racines.
Où installer le lierre terrestre ?
Le lierre terrestre apprécie particulièrement :
– Les zones mi ombragées, au pied des haies et des arbustes
– Les sols frais, riches en humus, pas trop compacts
– Les allées peu fréquentées, les bordures de massifs, les dessous de fruitiers
Il supporte aussi le plein soleil si le sol reste frais, mais il sera plus beau à mi ombre. Si vous travaillez déjà votre sol pour planter des fruitiers en respectant la vie du sol, le lierre terrestre trouvera facilement sa place au pied de ces arbres.
Comment le multiplier facilement
Pour installer volontairement du lierre terrestre dans une zone précise :
1. Prélevez un morceau de tapis avec plusieurs tiges enracinées
2. Ameublissez légèrement le sol à l’endroit choisi, sans le retourner profondément
3. Posez le tapis de lierre terrestre, tiges bien au contact de la terre
4. Arrosez une première fois pour favoriser l’enracinement
5. Maintenez le sol frais les premières semaines
En quelques mois, les stolons auront colonisé la zone et formé un couvre sol continu.
Lierre terrestre : entretien, maîtrise et associations
Sol, exposition et arrosage
Le lierre terrestre est une plante très rustique et peu exigeante :
– Sol : il préfère les sols riches en matière organique, frais mais bien drainés. Un paillage de feuilles ou de BRF lui convient très bien.
– Exposition : mi ombre à ombre claire, mais il tolère le soleil si le sol ne sèche pas trop.
– Arrosage : inutile en pleine terre une fois installé, sauf sécheresse prolongée. En pot, gardez le substrat légèrement humide.
Son système racinaire superficiel ne concurrence pas fortement les arbustes et fruitiers bien implantés. Il protège même le sol de l’érosion et du dessèchement.
Comment maîtriser un lierre terrestre envahissant
Le principal reproche fait au lierre terrestre est son côté envahissant. Bonne nouvelle, il se maîtrise très bien en culture manuelle, sans produits qui déséquilibrent l’équilibre du potager.
Quelques gestes simples :
– Limiter les zones : décidez clairement où vous l’acceptez, et où vous ne le voulez pas
– Arrachez à la main les tiges rampantes qui s’aventurent dans vos planches de légumes
– Utilisez une griffe pour soulever les tapis trop denses, puis compostez ou réutilisez en paillage
– Coupez au coupe bordure le long des allées pour garder des bordures nettes
Comme pour la taille des fruitiers où l’on intervient régulièrement plutôt que de tout rattraper d’un coup, la maîtrise du lierre terrestre est plus facile si vous faites des petits passages fréquents, par exemple en même temps que les travaux de fin d’hiver ou de début de printemps décrits dans ce guide sur les travaux de janvier au jardin.
Associations intéressantes avec le lierre terrestre
Le lierre terrestre peut jouer un rôle très utile dans vos associations de plantes :
– Au pied des fruitiers : il couvre le sol, limite les herbes concurrentes et garde l’humidité
– Dans les haies diversifiées : il protège les pieds des arbustes et offre un refuge à la petite faune
– Autour des vivaces : il sert de couvre sol naturel, à condition de le tailler pour ne pas les étouffer
Évitez toutefois de le laisser envahir les zones où vous semez directement, comme les planches de carottes ou de salades, car il gênerait la levée.
Lierre terrestre et potager en carrés ou petits espaces
Dans un potager en carrés ou sur un petit terrain, le lierre terrestre peut être utilisé en bordure extérieure des bacs, comme un ourlet vert qui retient un peu l’humidité et abrite les auxiliaires.
Il peut aussi trouver sa place dans les zones de repos du jardin, en complément des plantations de janvier au potager expliquées dans ce guide dédié aux semis et plantations de début d’année. L’idée est de réserver les zones productives aux légumes, et d’accueillir le lierre terrestre dans les espaces de transition.
Maladies et ravageurs du lierre terrestre
Une plante spontanée très résistante
Le lierre terrestre est une plante sauvage locale, parfaitement adaptée à nos climats. Il tombe donc rarement malade. En général, si vous voyez un lierre terrestre dépérir, c’est plutôt le signe d’un sol très sec, très compact ou pauvre en vie.
Les problèmes possibles :
– Jaunissement des feuilles : souvent lié à un excès de soleil ou à une sécheresse prolongée
– Trous dans le feuillage : quelques limaces ou insectes herbivores, sans gravité
– Aspect rabougri : sol tassé, manque d’humus, piétinement excessif
Aucune maladie grave spécifique n’est à craindre, ce qui en fait un bon indicateur de la santé générale de votre jardin.
Prévention naturelle et équilibre du jardin
Pour garder un lierre terrestre sain et un jardin équilibré :
– Nourrissez le sol avec des apports réguliers de matières organiques
– Limitez le piétinement des zones couvertes de lierre terrestre
– Maintenez une bonne diversité de plantes, plutôt que des tapis monoculturels trop vastes
Cette logique d’équilibre rejoint les approches que vous appliquez déjà peut être pour limiter les maladies de la vigne ou des fruitiers, comme expliqué dans l’article sur la prévention naturelle des maladies de la vigne.
Récolte et conservation du lierre terrestre
Quand et comment récolter le lierre terrestre
On récolte principalement les parties aériennes du lierre terrestre : feuilles et tiges tendres. La meilleure période va du début du printemps à la fin du printemps, au moment de la floraison, quand la plante est la plus aromatique.
Pour récolter :
– Choisissez une zone propre, non traitée, à l’écart des routes
– Coupez les tiges avec des ciseaux ou pincez avec les doigts
– Ne prélevez pas tout le tapis, laissez toujours au moins la moitié en place
Évitez de récolter après une pluie forte, préférez une journée sèche afin de faciliter le séchage si vous souhaitez le conserver.
Précautions de base
Le lierre terrestre fait partie des plantes aromatiques traditionnelles, mais il ne doit pas être consommé en excès. Il est réservé à un usage ponctuel, en petite quantité, et déconseillé aux femmes enceintes, allaitantes et aux jeunes enfants.
Si vous avez un doute sur l’identification, abstenez vous de le consommer. N’hésitez pas à comparer plusieurs sources fiables ou à demander conseil à un botaniste.
Conserver le lierre terrestre
Plusieurs options s’offrent à vous :
– Frais : gardez les tiges dans un verre d’eau au frais quelques jours
– Séchage : faites de petits bouquets, suspendez les têtes en bas dans un endroit sec et aéré, à l’abri du soleil
– Congélation : hachez finement les feuilles et congelez en petites portions
Le séchage est la méthode la plus simple pour une utilisation ultérieure en infusion ou en aromate.
Idées d’utilisation du lierre terrestre
Lierre terrestre en cuisine et usages traditionnels
Le lierre terrestre a longtemps été utilisé comme plante aromatique et médicinale dans les campagnes. Son goût est légèrement amer, aromatique, avec une pointe de fraîcheur.
En cuisine, on peut l’utiliser :
– En petite quantité, ciselé dans des salades de printemps
– Mélangé à d’autres herbes dans des omelettes ou des tartes salées
– En décoration comestible sur des plats rustiques
Il est important de l’employer comme une herbe aromatique forte, jamais comme un légume en grande quantité.
Pour les usages bien être, renseignez vous toujours auprès de sources fiables et de professionnels de santé, notamment sur les contre indications.
Au jardin : couvre sol et refuge pour la biodiversité
Au delà de la cuisine, le lierre terrestre est très intéressant comme plante de structure dans un jardin vivant :
– Il protège le sol de la battance et du dessèchement
– Il offre un abri à de nombreux petits insectes auxiliaires
– Ses fleurs printanières nourrissent les pollinisateurs à un moment clé de la saison
Dans une démarche de jardin plus autonome, vous pouvez l’intégrer à vos stratégies globales de couverture du sol, en complément d’autres plantes spontanées et de paillages organiques.
Paillage vert et ressource de matière organique
Quand vous arrachez ou éclaircissez du lierre terrestre dans une zone, ne le jetez pas. Vous pouvez :
– Le déposer en paillage au pied de vos arbustes
– Le mettre sur le tas de compost comme apport vert
– Le laisser sécher en surface pour nourrir la petite faune du sol
C’est une ressource de biomasse gratuite, produite directement sur place, dans l’esprit des travaux de préparation du sol que l’on réalise souvent en hiver ou au début du printemps, comme ceux décrits dans ce guide sur les travaux au potager en janvier.
FAQ sur le lierre terrestre
Comment reconnaître le lierre terrestre pour un débutant ?
Le lierre terrestre se reconnaît à ses tiges rampantes qui s’enracinent au sol, ses petites feuilles arrondies à bords crénelés et son odeur aromatique quand on les froisse. Au printemps, il porte de petites fleurs violettes à la forme typique de la famille des lamiacées, avec une lèvre inférieure marquée.
Il ne grimpe pas aux murs comme le lierre grimpant, et ses feuilles sont plus rondes, plus souples.
Le lierre terrestre est il dangereux pour le potager ?
Non, le lierre terrestre n’est pas dangereux pour le potager. Il peut même être utile s’il couvre des zones de sol nu, protège l’humidité et abrite la petite faune. Le seul risque est qu’il devienne gênant s’il colonise les zones de semis ou les jeunes plants.
Dans ce cas, arrachez le à la main ou soulevez les tapis avec une griffe, et utilisez la matière comme paillage ou au compost.
Comment limiter le lierre terrestre dans la pelouse ou les allées ?
Pour limiter le lierre terrestre dans une pelouse, tondez régulièrement assez ras au moment de sa floraison, ce qui affaiblit la plante. Dans les allées, vous pouvez :
– Passer un coupe bordure pour couper net les tiges rampantes
– Griffer légèrement le sol pour le déloger
– Poser un paillage plus épais ou un matériau de couverture
L’essentiel est la régularité. Comme pour la taille des arbres fruitiers, par exemple la taille de la vigne selon le calendrier 2026, de petits gestes faits au bon moment donnent de meilleurs résultats qu’une grosse intervention tardive.
Peut on cultiver le lierre terrestre en pot ou en jardinière ?
Oui, on peut installer du lierre terrestre en pot ou en jardinière, notamment pour créer un effet retombant ou un couvre sol sous un petit arbuste en bac. Choisissez un contenant assez large, avec un substrat riche et frais.
Arrosez régulièrement sans détremper, et taillez de temps en temps les tiges trop longues pour garder une forme harmonieuse.
Le lierre terrestre est il comestible pour les animaux du jardin ?
Certains animaux, comme les lapins ou certains petits herbivores, peuvent grignoter le lierre terrestre, mais ce n’est pas une plante fourragère principale. Dans un jardin ouvert à la faune, il fait surtout office de refuge et de couverture du sol.
Pour les animaux domestiques, demandez toujours l’avis d’un vétérinaire avant de laisser l’accès libre à des plantes sauvages.
En résumé : lierre terrestre
Le lierre terrestre est une plante spontanée souvent mal comprise. Plutôt que de le considérer comme un ennemi, vous pouvez apprendre à le reconnaître, le canaliser et l’utiliser comme allié pour couvrir le sol, nourrir la biodiversité et fournir, avec prudence, une petite ressource aromatique.
Points clés à retenir :
– Le lierre terrestre est un couvre sol vivace rustique, facile à maîtriser à la main
– Il aime les sols frais, riches en humus, et la mi ombre
– Ses tapis protègent le sol et abritent une foule de petits auxiliaires
– On peut en récolter de petites quantités pour des usages aromatiques ponctuels
– Arrachez le seulement là où il gêne, et valorisez la biomasse en paillage ou au compost
Ces conseils s’appuient sur des pratiques de jardinage éprouvées et des sources de référence en botanique, en agriculture et en écologie.
Pour aller plus loin, explorez d’autres techniques simples pour rendre votre potager encore plus vivant et productif.
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En savoir plus sur la biodiversité au jardin sur le site du ministère de la Transition écologique
Découvrir des ressources botaniques sur le site du Muséum national d’Histoire naturelle