
⏳ Temps de lecture : environ 11 minutes
Lierre terrestre et biodiversité : vous hésitez entre l’arracher comme une mauvaise herbe ou le garder pour protéger et enrichir la vie de votre jardin ?
Lierre terrestre : plante vivace rampante, souvent spontanée, qui joue un rôle clé comme couvre sol, refuge pour la petite faune et source de nectar précoce pour les pollinisateurs.
- Introduction
- Rôle du lierre terrestre dans l’écosystème du jardin
- Mode de vie du lierre terrestre et interactions avec la faune
- Comment l’installer ou le favoriser au bon endroit
- Cohabiter avec le lierre terrestre sans déséquilibrer le potager
- FAQ sur lierre terrestre et biodiversité
- En résumé
Introduction
Dans un jardin vivant, chaque plante spontanée raconte quelque chose de l’état du sol et de l’équilibre du lieu. Le lierre terrestre, aussi appelé gléchome lierre terrestre, est l’une de ces plantes indicatrices.
Là où il s’installe, le sol est souvent frais, plutôt riche en humus, et la lumière tamisée. Ses tapis verts, ponctués de fleurs mauves au printemps, forment un petit monde à part, très apprécié de nombreux insectes.
Comprendre le rôle du lierre terrestre dans la biodiversité du jardin permet de mieux décider où le laisser, où le limiter, et comment en faire un allié plutôt qu’un adversaire.
Rôle du lierre terrestre dans l’écosystème du jardin
Un couvre sol naturel qui protège la terre
Le lierre terrestre est avant tout un excellent couvre sol :
– Il limite l’érosion en amortissant l’impact des pluies
– Il protège la surface du sol du soleil direct et du dessèchement
– Il freine la levée d’autres herbes, tout en laissant respirer la terre
Sous son tapis, la vie du sol prospère : vers de terre, cloportes, microfaune. Cette couverture vivante joue un rôle similaire à un paillage, mais auto entretenu.
Une source de nectar précoce pour les pollinisateurs
Au printemps, le lierre terrestre se couvre de petites fleurs violettes en forme de clochettes. Elles sont particulièrement appréciées par :
– Les abeilles sauvages et domestiques
– Les bourdons
– Certains papillons et syrphes
À une période où les ressources en nectar sont encore limitées, ces fleurs de lierre terrestre sont une aide précieuse pour les pollinisateurs. C’est un atout de plus pour un jardin qui cherche à favoriser la vie, au même titre que les haies diversifiées ou les fruitiers bien conduits comme expliqué dans le guide sur la plantation des abricotiers.
Un refuge pour la petite faune
Sous le tapis de lierre terrestre, on trouve :
– Des insectes auxiliaires qui se nourrissent d’aleurodes, pucerons et autres ravageurs
– Des araignées, prédateurs discrets mais efficaces
– Des petits coléoptères et cloportes qui aident à décomposer la matière organique
En hiver, ces zones couvertes offrent aussi un microclimat plus doux que la terre nue, ce qui aide de nombreuses espèces à passer la mauvaise saison.
Mode de vie du lierre terrestre et interactions avec la faune
Comment le lierre terrestre colonise l’espace
Le lierre terrestre se propage principalement par ses tiges rampantes. À chaque nœud en contact avec la terre, il peut émettre des racines. C’est cette stratégie qui lui permet de former des tapis denses.
Il se reproduit aussi par graines, mais c’est moins déterminant dans le jardin que la multiplication végétative. Cette croissance lente mais régulière laisse le temps à la faune de s’installer et de s’adapter.
Une plante « architecte » pour les petites bêtes
Pour de nombreux petits animaux, le lierre terrestre est une sorte de ville miniature :
– Les tiges forment des corridors pour circuler à l’abri
– Les feuilles créent des zones d’ombre et d’humidité
– Les racines superficielles structurent la couche supérieure du sol
Cette complexité structurelle est très importante pour la biodiversité. Là où la terre est nue, la vie a peu de prise. Là où un couvre sol comme le lierre terrestre s’installe, tout un réseau se met en place.
Interactions avec les oiseaux et autres animaux
Indirectement, le lierre terrestre nourrit aussi les oiseaux insectivores, en abritant les insectes dont ils se nourrissent. Les merles, rougegorges et autres petits passereaux fouillent volontiers dans ces tapis pour trouver leur repas.
Dans un jardin où les arbres et arbustes sont bien choisis et plantés au bon moment, comme détaillé dans les articles sur la création de haies vivantes, le lierre terrestre complète cet habitat en prenant soin de l’étage du sol.
Comment installer ou favoriser le lierre terrestre au bon endroit
Choisir les zones où le lierre terrestre sera un atout
Le lierre terrestre n’est pas souhaitable partout. Il est particulièrement intéressant :
– Au pied des haies et arbustes
– Sous les fruitiers adultes
– Dans les zones ombragées difficiles à cultiver
– Sur les talus susceptibles d’être érodés
Dans ces espaces, il joue pleinement son rôle de protecteur du sol et de refuge pour la petite faune, sans gêner vos cultures principales.
Le transplanter ou l’accompagner
Pour installer du lierre terrestre dans une zone choisie :
1. Prélevez un morceau de tapis avec racines dans une zone où il est abondant
2. Ameublissez légèrement la terre à l’endroit choisi, sans la retourner profondément
3. Posez le morceau de lierre terrestre, tiges bien au contact du sol
4. Arrosez une première fois pour favoriser l’enracinement
Vous pouvez aussi simplement le favoriser en évitant de travailler le sol là où il commence à s’installer spontanément.
Éviter les conflits avec le potager
Dans le potager, le lierre terrestre peut vite devenir gênant s’il colonise les planches de légumes. Pour éviter cela :
– Limitez son installation dans un rayon raisonnable autour des zones de culture
– Utilisez des bordures physiques ou des allées paillées pour marquer les limites
– Arrachez régulièrement les tiges qui s’aventurent dans les planches
Cette cohabitation raisonnée est similaire à celle que l’on met en place entre arbres fruitiers et potager, en respectant des distances et des zones dédiées.
Cohabiter avec le lierre terrestre sans déséquilibrer le potager
Organiser le jardin en strates
Pour profiter des bénéfices du lierre terrestre sans qu’il prenne le dessus, pensez votre jardin en strates :
– Strate haute : arbres et grands arbustes
– Strate moyenne : petits fruitiers, arbustes bas
– Strate basse : vivaces, légumes, fleurs
– Strate du sol : couvre sols comme le lierre terrestre, paillages, mousses
Le lierre terrestre a naturellement sa place dans la strate du sol, surtout sous les strates supérieures. Dans les planches de légumes, cette strate sera plutôt assurée par des paillages choisis.
Limiter le lierre terrestre autour des semis
Les semis directs sont les plus sensibles à la concurrence du lierre terrestre. Pour protéger ces zones :
– Désherbez soigneusement avant le semis
– Posez un paillage léger entre les rangs après la levée
– Surveillez régulièrement l’apparition de tiges rampantes
En hiver et au début du printemps, quand vous préparez vos planches comme expliqué dans ce guide sur les plantations de janvier au verger et en haie, profitez en pour faire un état des lieux du lierre terrestre et anticiper sa gestion.
Accepter une part de spontané
Un jardin entièrement contrôlé, où rien ne pousse sans autorisation, est souvent plus fragile qu’un jardin où certaines plantes spontanées ont leur place. Le lierre terrestre fait partie de ces alliés discrets.
En acceptant une part de spontanéité, vous gagnez :
– Moins de travail de désherbage
– Plus de diversité dans les formes de vie
– Un sol mieux protégé et plus vivant
L’essentiel est de garder la main sur les zones de culture, tout en laissant des espaces de liberté ailleurs.
FAQ sur lierre terrestre et biodiversité
Le lierre terrestre attire t il des « nuisibles » ?
Comme tout habitat riche, le lierre terrestre abrite une grande diversité d’êtres vivants, y compris quelques insectes qui peuvent parfois s’attaquer aux cultures. Mais il abrite aussi leurs prédateurs naturels.
Dans un jardin équilibré, cette diversité est un atout : les populations se régulent entre elles. Les problèmes viennent surtout des milieux trop simplifiés, pas de la présence de quelques couvre sols.
Je débute, comment savoir si j’ai du lierre terrestre ou une autre plante ?
Le lierre terrestre se reconnaît à ses tiges rampantes, ses petites feuilles arrondies aux bords crénelés et son odeur aromatique quand on les froisse. Au printemps, ses fleurs violettes en forme de petites clochettes sont typiques.
Si vous avez un doute, prenez des photos et comparez avec des ressources botaniques fiables ou demandez l’avis d’un jardinier expérimenté.
Le lierre terrestre concurrence t il les arbres et arbustes ?
Non, pas vraiment. Son système racinaire est très superficiel, il exploite surtout les premiers centimètres du sol. Les arbres et arbustes, eux, vont chercher l’eau et les nutriments plus en profondeur.
Au contraire, en protégeant le sol au pied des arbres, le lierre terrestre peut améliorer leur confort hydrique, un peu comme un paillage vivant.
Peut on laisser le lierre terrestre dans un potager en permaculture ?
Oui, mais pas partout. Dans un potager en permaculture, on cherche à couvrir le sol en permanence, avec des paillages, des engrais verts ou des couvre sols vivants. Le lierre terrestre peut jouer ce rôle dans les allées, sous les arbres, et dans certaines zones de repos.
Dans les planches de culture actives, on lui préférera souvent d’autres couvre sols plus faciles à maîtriser, ou des paillages morts.
Le lierre terrestre est il un bon indicateur de la qualité du sol ?
Sa présence en abondance indique souvent un sol frais, riche en matière organique et plutôt neutre à légèrement basique. C’est donc plutôt un bon signe.
S’il disparaît au profit d’une terre nue et dure, interrogez vous sur vos pratiques : travail du sol trop intensif, manque de paillage, appauvrissement en humus.
En résumé : lierre terrestre et biodiversité
Le lierre terrestre est bien plus qu’une simple « mauvaise herbe ». C’est un couvre sol vivant qui protège la terre, nourrit les pollinisateurs et abrite une foule de petites créatures utiles.
Points clés à retenir :
– Le lierre terrestre protège le sol comme un paillage naturel
– Ses fleurs printanières sont précieuses pour les pollinisateurs
– Ses tapis abritent une riche petite faune auxiliaire
– Il est à favoriser sous haies, arbustes et fruitiers, à limiter dans les planches de légumes
– Un jardin vivant accepte une part de lierre terrestre, sans le laisser tout envahir
Ces conseils s’appuient sur des observations de terrain et des approches d’écologie de jardin éprouvées.
Pour aller plus loin, explorez d’autres manières de structurer votre jardin pour accueillir encore plus de vie, tout en restant productif.
Articles du même thème
- Janvier au jardin : que faire, guide complet
- Janvier au jardin : que peut on planter au verger et en haie
- Planter des arbres en janvier : haie vivante
En savoir plus sur la biodiversité sur le site du ministère de la Transition écologique