1. Accueil>
  2. Conseils & astuces de jardinage>
  3. Lierre envahissant : 7 erreurs à éviter au jardin en 2026

Lierre envahissant : 7 erreurs à éviter au jardin en 2026

lierre envahissant recouvrant un vieux mur de jardin, feuillage dense de lierre

⏳ Temps de lecture : environ 11 minutes

Lierre envahissant : vous avez laissé faire quelques années et maintenant le lierre semble partout, sur les murs, les arbres et même dans les allées ?

Lierre envahissant : situation où le lierre grimpant ou couvre sol dépasse l’espace qu’on voulait lui accorder, menaçant murs fragiles, clôtures légères ou jeunes plantations.

Pourquoi le lierre devient envahissant

Le lierre est une plante naturellement vigoureuse. C’est d’ailleurs ce qui en fait un excellent couvre sol et un bon habillage de murs. Mais sans limites claires, il saisit chaque opportunité : une fissure dans un mur, une clôture, un jeune tronc, un coin d’ombre peu fréquenté.

Dans un jardin vivant, le lierre a toute sa place, mais il a besoin d’un cadre. Comme pour les arbres fruitiers qu’on taille pour les garder productifs et accessibles, le lierre a besoin d’une « taille de bon sens » pour rester un allié.

Voyons maintenant les principales erreurs qui transforment un lierre utile en lierre envahissant.

Erreur 1 : laisser le lierre grimper sur n’importe quel mur

Les murs qui supportent bien le lierre

Certains supports se prêtent bien au lierre :

  • murs en pierre sèche ou pierre bien jointoyée
  • murs de soutènement solides
  • clôtures rigides avec un bon ancrage

Sur ces structures en bon état, le lierre peut même jouer un rôle de protection partielle contre les variations de température et l’érosion des joints.

Les murs fragiles à protéger du lierre

En revanche, le lierre devient problématique sur :

  • anciens enduits friables
  • murs fissurés ou mal maçonnés
  • façades isolées par l’extérieur avec des matériaux sensibles

Sur ces supports, ses crampons s’installent dans les micro fissures existantes et peuvent aggraver les désordres.

Bon réflexe

Avant de laisser le lierre s’installer, prenez le temps d’évaluer l’état du mur. Si besoin, créez un support dédié (treillis, câbles) légèrement décollé de la façade. Vous profitez ainsi du lierre sans risque pour la maçonnerie.

Erreur 2 : ignorer les jeunes pousses de lierre

Le lierre s’installe en silence

Le lierre se propage par graines, boutures naturelles et marcottage. Une petite tige rampante qui traverse une allée, un semis spontané au pied d’une haie, et en quelques années, la plante peut couvrir plusieurs mètres carrés.

Si vous ne surveillez pas les jeunes pousses, vous vous retrouvez vite avec un tapis dense là où vous ne le souhaitiez pas.

Intervenir tôt, c’est plus facile

Sur un jeune plant de lierre :

  • un simple arrachage manuel suffit
  • les racines sont superficielles
  • l’impact sur le sol est minime

Sur une colonie installée depuis des années, l’arrachage devient plus long et plus fatigant.

Bon réflexe

Lors de vos tours réguliers du jardin, repérez les jeunes pousses de lierre dans les endroits non souhaités : allées, planches de potager, pieds de jeunes arbustes. Arrachez les avec douceur, idéalement après une pluie, quand le sol est meuble.

Les périodes de travaux d’hiver, comme celles décrites dans que faire au jardin en janvier, sont parfaites pour ce type de petites interventions.

Erreur 3 : tolérer le lierre sur les jeunes arbres

Jeunes arbres et lierre ne font pas bon ménage

Sur un jeune arbre, qu’il soit fruitier ou d’ornement, le lierre pose plusieurs problèmes :

  • il concurrence la lumière sur la petite couronne de feuilles
  • il ajoute un poids non négligeable sur des branches encore fines
  • il peut gêner la formation de la charpente que vous cherchez à construire

C’est particulièrement vrai pour les fruitiers fraîchement plantés, comme un jeune pêcher, un abricotier ou un cerisier que vous commencez à former.

Bon réflexe

Décidez clairement :

  • soit vous gardez du lierre au pied, mais vous le coupez dès qu’il commence à monter sur le tronc
  • soit vous réservez le pied de l’arbre à d’autres couvre sols moins vigoureux

Profitez de vos séances de taille de formation, par exemple en suivant les conseils pour former un poirier en gobelet ou en palmette, pour vérifier qu’aucun lierre ne s’invite sur le tronc.

Erreur 4 : tout arracher brutalement

Pourquoi arracher le lierre d’un coup n’est pas idéal

Face à un lierre envahissant, la tentation est grande de tout arracher. Pourtant :

  • vous privez d’un coup la faune d’un refuge important
  • vous exposez brutalement un sol nu à l’érosion et au dessèchement
  • vous risquez d’abîmer l’écorce des arbres ou la surface des murs

De plus, si le sol reste nu, d’autres plantes potentiellement plus gênantes peuvent prendre la place.

Une gestion progressive et ciblée

Mieux vaut procéder par étapes :

  • identifier les zones où le lierre pose vraiment problème : mur fragile, jeune arbre, limite de propriété
  • réduire fortement le lierre sur ces zones en priorité
  • conserver des îlots de lierre dans des endroits moins sensibles, pour la biodiversité

Sur un mur, commencez par couper les tiges à la base, laissez sécher, puis retirez ce qui se détache facilement. Sur les troncs, intervenez avec délicatesse pour ne pas blesser l’écorce.

Erreur 5 : négliger le paillage et le sol

Un sol nu attire le lierre

Le lierre adore les zones de sol nu à l’ombre ou en bordure. Si vous laissez de grandes surfaces découvertes, il s’y installera tôt ou tard.

À l’inverse, un sol bien couvert par :

  • un paillage épais
  • des couvre sols variés
  • des plantations denses

limite naturellement la progression du lierre là où vous ne le souhaitez pas.

Bon réflexe

Après avoir retiré du lierre dans une zone, ne laissez pas le sol nu :

  • appliquez un paillage généreux avec le broyat issu de vos tailles d’arbres ou de haies
  • ou installez d’autres couvre sols moins vigoureux

Les périodes où vous taillez arbres et arbustes, par exemple en suivant les conseils pour éviter les erreurs de taille en janvier, sont idéales pour produire ce paillage.

Erreur 6 : laisser le lierre gérer seul les limites de propriété

Le lierre et les voisins

Le lierre ne connaît pas les limites de propriété. S’il trouve une clôture, il la franchit volontiers pour aller voir chez le voisin.

Sans entretien, vous risquez :

  • des branches de lierre qui envahissent le jardin voisin
  • des tensions autour de l’entretien de la clôture

Bon réflexe

Sur les limites :

  • taillez régulièrement le lierre qui s’approche de la clôture
  • discutez avec le voisin pour convenir d’une hauteur et d’un aspect acceptables pour tous
  • si la clôture est légère, préférez des haies arbustives ou des grimpantes moins lourdes

Une haie vivante bien conçue, comme celles que l’on peut planter en hiver en suivant les conseils de création de haies vivantes, offre souvent une solution plus durable.

Erreur 7 : oublier d’intégrer le lierre au calendrier du jardin

Le lierre a besoin de rendez vous réguliers

Comme les fruitiers ou la vigne, le lierre gagne à être intégré dans votre calendrier annuel de jardinage.

Si vous n’y pensez que lorsqu’il devient gênant, vous aurez toujours l’impression de « subir » le lierre.

Bon réflexe

Planifiez 2 moments clés dans l’année :

  • fin d’hiver ou début de printemps : vérification générale, limitation sur les murs fragiles et les troncs
  • fin d’été : petites retouches, surtout sur les limites de propriété et autour des jeunes plantations

Vous pouvez caler ces rendez vous en même temps que d’autres travaux récurrents, comme ceux décrits pour les travaux de janvier au potager ou pour la taille de vos fruitiers.

FAQ sur le lierre envahissant

Comment se débarrasser durablement d’un lierre envahissant sans produits agressifs

Il n’y a pas de solution miracle instantanée, mais une combinaison de gestes :

  • couper toutes les tiges au ras du sol
  • arracher progressivement les racines principales, en plusieurs passages
  • couvrir le sol avec un paillage très épais ou une culture couvrante

La persévérance est plus respectueuse du sol que les produits qui déséquilibrent la vie du jardin.

Le lierre envahissant est il toujours mauvais pour la biodiversité

Non, au contraire, le lierre est très précieux pour la faune. Ce qui pose problème, ce n’est pas sa présence, mais son absence de limites.

En conservant des zones de lierre dans des endroits choisis, tout en le retirant là où il gêne, vous conciliez biodiversité et bon fonctionnement du jardin.

Peut on remplacer le lierre par d’autres couvre sols moins vigoureux

Oui, de nombreux couvre sols sont moins envahissants : pervenches, bugles, certaines petites fougères, fraisiers des bois, etc.

L’idée n’est pas forcément de bannir totalement le lierre, mais de diversifier les plantes couvre sols pour limiter sa domination.

Le lierre finit il par mourir s’il est coupé à la base

Si vous coupez toutes les tiges à la base et que vous empêchez les repousses, le lierre finit par s’épuiser. Mais il peut repartir de racines oubliées.

D’où l’intérêt de combiner coupe, arrachage progressif et couverture du sol.

En résumé : lierre envahissant

Le lierre n’est pas un ennemi à abattre, mais une plante vigoureuse qui a besoin de limites claires. En évitant quelques erreurs fréquentes, vous pouvez profiter de ses atouts sans subir son côté envahissant.

Points clés à retenir :

  • évaluez l’état des murs avant de laisser grimper le lierre
  • intervenez tôt sur les jeunes pousses dans les zones sensibles
  • protégez les jeunes arbres et les fruitiers en limitant le lierre à leur pied
  • évitez les arrachages brutaux, préférez une gestion progressive
  • intégrez le lierre à votre calendrier annuel de jardinage

Ces conseils s’appuient sur des pratiques de jardinage respectueuses du vivant et sur l’observation de nombreux jardins où le lierre est resté un allié, et non un problème.

Pour aller plus loin, explorez d’autres stratégies simples pour organiser votre jardin, vos haies et vos arbres de manière harmonieuse et durable.

Articles du même thème

Pour approfondir la gestion des plantes grimpantes et couvre sols dans une approche écologique, vous pouvez consulter les ressources du Muséum national d’Histoire naturelle ou les recommandations techniques disponibles sur agriculture.gouv.fr.