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Concombre : vos feuilles se couvrent de taches blanches ou jaunes, vos jeunes plants disparaissent en une nuit et vous craignez de perdre toute votre récolte au potager ?
Concombre : plante sensible à plusieurs maladies foliaires et ravageurs, mais qui se défend très bien avec des pratiques préventives et des solutions naturelles, sans excès de produits chimiques.
- Introduction
- Comprendre l’équilibre du concombre au jardin
- Maladies foliaires du concombre
- Ravageurs du concombre et prévention
- Prévention par les pratiques culturales
- Soins naturels pour renforcer les concombres
- FAQ sur les maladies du concombre
- En résumé : concombre et maladies
Introduction
Voir ses concombres dépérir en plein été est frustrant, surtout quand on a pris soin de les semer, de les planter et de les arroser régulièrement. Oïdium, mildiou, taches foliaires, pucerons, limaces ou encore coups de soleil, les causes de dépérissement sont variées.
La bonne nouvelle, c’est qu’en jardinage respectueux du vivant, on peut limiter fortement ces problèmes. En travaillant le sol, le paillage, l’aération des plants et la biodiversité du jardin, le concombre devient plus résistant, un peu comme un verger bien géré résiste mieux aux maladies qu’un arbre isolé mal entretenu.
Comprendre l’équilibre du concombre au jardin
Une plante gourmande mais sensible
Le concombre pousse vite et produit beaucoup si on lui offre de bonnes conditions.
- Sol riche en matière organique.
- Arrosages réguliers.
- Chaleur et lumière abondantes.
Mais cette vigueur le rend aussi sensible aux déséquilibres.
- Excès d’eau ou de fertilisation azotée.
- Manque d’aération entre les plants.
- Stress hydrique répété.
Un peu comme pour la vigne, où un excès de vigueur favorise le mildiou, un concombre trop poussé en feuilles peut devenir fragile. La taille et la gestion de la végétation, que l’on pratique en détail sur la vigne comme expliqué dans le guide de la taille en vert de la vigne, peuvent inspirer une conduite plus équilibrée des cucurbitacées.
Rôle du sol et du paillage
Un sol vivant est la première barrière contre les maladies.
- Un sol bien structuré draine l’excès d’eau et limite l’asphyxie des racines.
- Un sol riche en humus nourrit les plantes de façon régulière.
- La microfaune du sol contribue à la santé générale des cultures.
Le paillage protège ce sol en limitant les variations brutales de température et d’humidité. Il joue un rôle similaire à celui que l’on recherche sous les fruitiers ou dans les rangs de vigne pour protéger les racines.
Maladies foliaires du concombre
Oïdium du concombre
L’oïdium est la maladie la plus fréquente sur le concombre.
Symptômes.
- Apparition de taches blanches poudreuses sur les feuilles.
- Extension progressive de ce feutrage, les feuilles jaunissent puis sèchent.
- Les plants continuent parfois de produire, mais s’épuisent.
Conditions favorables.
- Alternance de journées chaudes et de nuits fraîches.
- Humidité élevée et mauvaise aération.
- Excès d’azote qui donne un feuillage très tendre.
Prévention naturelle.
- Respecter des distances suffisantes entre les plants.
- Préférer la culture verticale pour aérer le feuillage.
- Limiter les arrosages sur le feuillage.
- Choisir des variétés tolérantes à l’oïdium.
Actions possibles.
- Couper et retirer les feuilles très atteintes.
- Renforcer les plantes avec des pulvérisations de décoction de prêle.
- Utiliser du bicarbonate en pulvérisation douce, en respectant les dosages.
Mildiou et taches foliaires
Le mildiou du concombre est moins fréquent que sur la tomate ou la pomme de terre, mais il peut apparaître.
Symptômes.
- Taches jaunes anguleuses sur le dessus des feuilles.
- Feutrage grisâtre ou violacé sur le revers par temps humide.
- Feuilles qui brunissent et se dessèchent rapidement.
Conditions favorables.
- Pluies fréquentes et températures douces.
- Feuillage mouillé longtemps, surtout la nuit.
Prévention.
- Éviter de mouiller le feuillage en arrosant.
- Assurer une bonne aération des rangs.
- Ne pas cultiver les concombres toujours au même endroit.
Les réflexes de prévention sont proches de ceux que l’on applique au verger pour limiter les maladies sur les pommiers ou les poiriers. Les conseils donnés dans le calendrier pratique de taille des pommiers insistent aussi sur l’importance de l’aération de la ramure, un principe valable pour de nombreuses plantes.
Brûlures et coups de soleil
Les concombres peuvent aussi souffrir de coups de chaleur.
Symptômes.
- Taches brunes, sèches, parfois translucides sur les feuilles exposées.
- Fruits décolorés ou marqués sur la face la plus exposée.
Causes.
- Transition brutale d’un environnement abrité à un plein soleil intense.
- Arrosage en plein soleil, gouttes d’eau jouant un effet loupe.
Prévention.
- Acclimater progressivement les plants sortis de serre.
- Arroser de préférence le matin tôt ou le soir, au pied.
- Utiliser un léger ombrage temporaire en cas de canicule.
Ravageurs du concombre et prévention
Limaces et escargots
Les limaces sont souvent les premières responsables de la disparition des jeunes plants de concombre.
Signes.
- Plantules sectionnées au collet.
- Feuilles grignotées, parfois réduites à des nervures.
- Traces de bave argentée sur le sol ou le paillage.
Prévention douce.
- Protéger les jeunes plants avec des collerettes ou des mini tunnels.
- Installer des abris à limaces pour les collecter à la main.
- Favoriser les prédateurs naturels comme les carabes et les hérissons.
La gestion des limaces s’intègre dans une vision globale du jardin, au même titre que l’équilibre d’un verger ou d’une haie. Les travaux de structuration du jardin présentés dans planter une haie vivante participent à créer des refuges pour les auxiliaires.
Pucerons sur concombre
Les pucerons peuvent coloniser les tiges et l’envers des feuilles, affaiblissant la plante.
Symptômes.
- Feuilles enroulées ou collantes.
- Présence de petits insectes verts, noirs ou jaunes en colonies.
- Fourmis circulant sur les plants, attirées par le miellat.
Régulation naturelle.
- Attirer coccinelles, syrphes et chrysopes avec des fleurs variées.
- Éviter les excès d’azote qui rendent la sève plus appétente.
- Sur petites attaques, éliminer à la main ou au jet d’eau.
En cas de forte infestation, une pulvérisation de savon noir dilué peut être utilisée ponctuellement, en veillant à ne pas saturer l’environnement.
Mouches, altises et autres insectes
Divers petits insectes peuvent occasionner des dégâts ponctuels sur les feuilles ou les jeunes tiges.
Altises.
- Petits trous ronds dans les feuilles.
- Dégâts souvent limités sur les plants vigoureux.
Mouches diverses.
- Parfois quelques piqûres sur les fruits ou les feuilles.
- Rarement un problème majeur sur des plantes en bonne santé.
La meilleure réponse reste un jardin diversifié, avec de nombreuses fleurs, herbes aromatiques et habitats pour les auxiliaires.
Prévention par les pratiques culturales
Rotation des cultures
Ne pas cultiver les concombres au même endroit chaque année est un principe clé.
- Éviter de remettre des cucurbitacées au même emplacement avant 3 ou 4 ans.
- Alterner avec des légumes racines, des légumineuses ou des alliacées.
Cette logique de rotation est la même que dans un verger où l’on évite de replanter un arbre fruitier au même endroit qu’un autre qui a dépéri, comme le rappellent les conseils sur l’entretien des abricotiers.
Aération des plants et densité
Un concombre bien aéré tombe moins malade.
- Respecter des distances de 80 cm à 1 m entre les plants.
- Éviter les alignements trop serrés en climat humide.
- Préférer la culture verticale sur treillis pour gagner en aération.
Arrosage raisonné
L’eau est à la fois indispensable et potentiellement source de problèmes.
- Arroser en profondeur, moins souvent, plutôt qu’un peu tous les jours.
- Éviter de mouiller le feuillage, surtout en soirée.
- Adapter les apports selon la météo et le stade de la plante.
Un paillage épais aide à stabiliser l’humidité, réduisant le stress hydrique qui ouvre la porte aux maladies.
Soins naturels pour renforcer les concombres
Décoction de prêle
La prêle est riche en silice et renforce les tissus des plantes.
- Utilisée en pulvérisation foliaire, elle aide à prévenir oïdium et mildiou.
- On l’applique en préventif, par temps sec, toutes les 2 à 3 semaines.
Purin d’ortie et autres extraits fermentés
Les extraits d’ortie, de consoude ou de fougère peuvent soutenir la vigueur des concombres.
- En arrosage au pied, le purin d’ortie stimule la croissance.
- En pulvérisation, il peut renforcer la résistance générale.
Attention toutefois à ne pas en abuser, surtout sur un sol déjà très riche, pour éviter un excès de feuillage au détriment des fruits.
Compost et paillage nourrissant
Un apport régulier de compost mûr en surface, sous le paillage, nourrit doucement les concombres.
- Une poignée de compost au pied de chaque plant en début de saison.
- Un léger surfaçage en cours d’été si besoin.
Cette pratique rejoint les soins que l’on apporte aux fruitiers ou à la vigne pour maintenir la fertilité du sol, comme expliqué dans les guides de plantation et d’entretien.
FAQ sur les maladies du concombre
Comment reconnaître rapidement l’oïdium du concombre
L’oïdium se reconnaît facilement.
- Aspect de poudre blanche sur les feuilles.
- Commence souvent sur les feuilles les plus âgées.
- Se propage si le temps est chaud et humide.
En agissant dès les premiers signes par une meilleure aération et des soins naturels, on peut souvent contenir le problème.
Pourquoi mes concombres jaunissent ils sur le plant
Plusieurs causes peuvent expliquer des fruits qui jaunissent.
- Fruits laissés trop longtemps sur le plant, arrivés à surmaturité.
- Stress hydrique ou carence alimentaire.
- Problèmes racinaires liés à un excès d’eau.
Récoltez plus jeunes, vérifiez l’arrosage et l’état du sol, et faites un apport léger de compost si nécessaire.
Que faire si mes plants de concombre dépérissent d’un coup
Un dépérissement rapide peut être lié à.
- Un problème de racines asphyxiées par l’eau.
- Une attaque sévère de maladies racinaires ou de pourriture du collet.
- Un choc thermique ou une sécheresse brutale.
Dans ce cas, il est souvent difficile de sauver les plants atteints. Concentrez vous sur la prévention pour la saison suivante : rotation des cultures, amélioration du drainage, paillage et choix de variétés robustes.
Peut on sauver un plant très atteint par l’oïdium
Quand l’oïdium est très installé, il est rare de revenir complètement en arrière.
- Supprimez les feuilles les plus touchées.
- Renforcez les plants avec des soins naturels.
- Acceptez parfois de laisser finir la saison en profitant des derniers fruits.
L’essentiel est de tirer des leçons pour la prochaine saison : espacement, variétés, conduite des plants.
En résumé : concombre et maladies
Les maladies et ravageurs du concombre sont fréquents, mais rarement une fatalité dans un jardin bien équilibré. En misant sur la prévention, la diversité et quelques soins naturels, vous pouvez préserver l’essentiel de vos récoltes.
- L’oïdium et le mildiou se gèrent surtout par l’aération et la rotation.
- Les limaces et pucerons se régulent grâce aux auxiliaires et à des gestes ciblés.
- Un sol vivant, paillé et bien drainé est votre meilleur allié.
- Les extraits de plantes comme la prêle ou l’ortie renforcent les concombres.
- Observer régulièrement vos plants permet d’agir tôt et en douceur.
Ces conseils s’appuient sur des pratiques de jardinage éprouvées et des sources de référence en agriculture et en écologie.
Pour aller plus loin, explorez d’autres techniques simples pour rendre votre potager encore plus vivant et productif.
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Ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire
INRAE, recherches sur la protection naturelle des cultures