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Chou : vos plants jaunissent, se font grignoter ou dépérissent sans raison apparente et vous cherchez des solutions naturelles pour les sauver ?
Chou : ce légume généreux est malheureusement la cible de nombreuses maladies et ravageurs, mais une bonne observation et quelques gestes simples permettent de le protéger sans déséquilibrer le potager.
- Introduction
- Prévention des maladies du chou
- Maladies du sol : hernie du chou et pourritures
- Maladies des feuilles de chou
- Ravageurs principaux : mouche du chou, piérides et autres
- Stratégies naturelles de protection
- FAQ sur les maladies du chou
Introduction
Comme beaucoup de Brassicacées, le chou peut être touché par des maladies du sol, des champignons, des bactéries et de nombreux insectes. Ce n’est pas une fatalité : dans un potager vivant, bien géré, les problèmes restent souvent limités.
L’objectif n’est pas d’avoir zéro trou dans les feuilles de chou, mais d’éviter les attaques massives qui compromettent la récolte. Pour cela, il est essentiel de savoir reconnaître les principaux symptômes et d’agir tôt, avec des méthodes douces.
Nous parlerons ici de maladies du chou comme la hernie, le mildiou, la pourriture grise, mais aussi de la mouche du chou, des piérides et des altises.
Prévention des maladies du chou
Un sol vivant et une bonne rotation
La prévention commence dans le sol. Un sol vivant, riche en matière organique, bien structuré, aide les choux à mieux résister aux maladies.
Principes clés :
- Apporter régulièrement du compost mûr, sans excès.
- Éviter le tassement, en limitant le piétinement et en travaillant le sol avec douceur.
- Maintenir un couvert végétal ou un paillage pour protéger la vie du sol.
La rotation est essentielle : ne replantez pas de chou ou d’autres Brassicacées au même endroit avant au moins 4 ans. Cela limite fortement la hernie du chou et d’autres maladies du sol.
Choisir des variétés de chou adaptées
Certaines variétés de chou sont plus résistantes que d’autres aux maladies et au froid. Par exemple, les choux de Milan et le chou kale sont souvent plus tolérants que certains choux-fleurs.
En choisissant des variétés bien adaptées à votre climat et à votre sol, vous réduisez naturellement les risques. Pour vous aider à sélectionner vos variétés, vous pouvez consulter un guide dédié aux bases d’un potager réussi en 2026, qui aborde la planification des cultures.
Arrosage et aération des plants de chou
Un excès d’eau ou un feuillage constamment mouillé favorisent les maladies foliaires.
Bonnes pratiques :
- Arroser au pied, de préférence le matin.
- Éviter les arrosages fréquents et superficiels.
- Respecter les distances de plantation pour une bonne aération des choux.
Un paillage bien géré aide à garder un sol frais sans excès d’humidité en surface.
Maladies du sol : hernie du chou et pourritures
Hernie du chou : symptômes et causes
La hernie du chou est l’une des maladies les plus redoutées. Elle est causée par un organisme microscopique qui déforme les racines.
Symptômes :
- Plantes qui flétrissent par temps chaud, puis se redressent partiellement la nuit.
- Feuilles qui jaunissent, croissance ralentie.
- Racines boursouflées, en forme de choux-fleurs, lorsqu’on arrache la plante.
Causes favorables :
- Sol acide et humide.
- Absence de rotation de culture.
- Présence répétée de Brassicacées (chou, navet, radis, roquette).
Limiter la hernie du chou naturellement
Il n’existe pas de solution miracle une fois la hernie installée, mais on peut fortement la limiter :
- Pratiquer une rotation de 5 à 7 ans sans Brassicacées sur la parcelle atteinte.
- Amender le sol avec du compost mûr et, si besoin, un peu de chaux pour remonter un pH trop acide.
- Éviter les excès d’eau et améliorer le drainage si le sol est très lourd.
Arrachez et sortez du jardin les plants très atteints. Ne les mettez pas au compost si vous avez un doute sur la température de compostage.
Pourritures et asphyxie racinaire
Dans les sols mal drainés ou en cas d’arrosages trop fréquents, les racines de chou peuvent pourrir.
Signes :
- Plantes qui dépérissent rapidement.
- Racines noircies, molles, malodorantes.
Prévention :
- Ne plantez pas de chou dans les zones qui restent gorgées d’eau.
- Améliorez le drainage avec du compost et, si besoin, des buttes de culture.
- Adaptez la fréquence d’arrosage à la météo et à la nature du sol.
Maladies des feuilles de chou
Mildiou et autres taches foliaires
Le mildiou et d’autres champignons peuvent provoquer des taches sur les feuilles de chou.
Symptômes :
- Taches jaunâtres ou brunâtres sur le dessus des feuilles.
- Duvet blanchâtre ou grisâtre sur l’envers par temps humide.
- Feuilles qui finissent par se dessécher et tomber.
Prévention :
- Éviter de mouiller le feuillage au moment de l’arrosage.
- Assurer une bonne aération des plants en respectant les distances.
- Éviter les apports excessifs d’azote qui rendent les tissus plus fragiles.
Une décoction de prêle peut être utilisée en prévention pour renforcer les tissus des feuilles.
Pourriture grise sur chou-fleur et brocoli
La pourriture grise (Botrytis) touche surtout les choux-fleurs et les brocolis, en conditions humides et peu ventilées.
Signes :
- Taches brunes sur les pommes fleurs.
- Duvet gris sur les zones atteintes.
- Dégradation rapide de la pomme, qui devient impropre à la consommation.
Pour limiter ce problème :
- Récoltez les chou-fleurs dès qu’ils sont bien formés, sans attendre.
- Évitez les arrosages par aspersion par temps frais.
- Écartez les plants malades et ne laissez pas les restes au sol.
Carences et déséquilibres nutritionnels
Certaines carences peuvent être confondues avec des maladies du chou.
Exemples :
- Carence en azote : feuilles pâles, croissance lente.
- Carence en bore : cœurs creux, déformations internes.
Un sol bien nourri avec du compost diversifié limite ces problèmes. En cas de doute, observez l’ensemble du potager : si plusieurs plantes montrent des signes similaires, pensez à un déséquilibre global.
Ravageurs principaux : mouche du chou, piérides et autres
La mouche du chou
La mouche du chou pond ses œufs au pied des plants. Les larves creusent ensuite les racines, ce qui peut faire mourir les choux.
Symptômes :
- Plantes qui flétrissent malgré un sol humide.
- Racines grignotées, galeries visibles.
Pour bien comprendre son cycle et les périodes à risque, référez-vous au guide complet sur la mouche du chou et au calendrier de protection 2026.
Piérides du chou
Les piérides du chou sont ces papillons blancs qui volent au-dessus des massifs de choux. Leurs chenilles vertes peuvent dévorer rapidement le feuillage.
Signes :
- Trous importants dans les feuilles.
- Présence de petites crottes vertes sur les feuilles.
- Œufs jaunes ou blancs sous les feuilles.
Ramassez régulièrement les œufs et les chenilles à la main. Un filet anti-insectes posé dès la plantation est très efficace.
Altises, pucerons et limaces
D’autres ravageurs aiment aussi le chou :
- Altises : petits trous en surface, surtout sur jeunes plants par temps chaud et sec.
- Pucerons : colonies sur les jeunes feuilles et tiges.
- Limaces : attaques nocturnes sur jeunes plants, parfois jusqu’au ras du sol.
Pour les altises, maintenez le sol humide, paillez, et utilisez un voile léger au début. Pour les pucerons, favorisez les auxiliaires (coccinelles, syrphes) et évitez les excès d’azote. Pour les limaces, piégeage, abris pour les carabes et paillage bien géré sont vos alliés.
Pour reconnaître précisément les dégâts de certains ravageurs comme la mouche du chou, l’article sur les dégâts à reconnaître est une ressource précieuse.
Stratégies naturelles de protection
Filets, collerettes et barrières physiques
Les barrières physiques sont souvent les plus efficaces pour protéger le chou sans produits agressifs.
Solutions :
- Filets anti-insectes : à installer dès la plantation pour bloquer la mouche du chou et les piérides.
- Collerettes au pied des plants : empêchent la mouche du chou de pondre à la base.
- Voiles de forçage : protègent aussi du froid et de certains insectes.
Veillez à bien fixer les filets au sol pour éviter que les insectes ne se faufilent dessous.
Associations de plantes et biodiversité
Associer le chou à d’autres plantes peut aider à réduire la pression des ravageurs :
- Les aromatiques (thym, sauge, romarin) perturbent les insectes.
- Les fleurs (soucis, capucines) attirent les auxiliaires et détournent certains ravageurs.
- Les haies diversifiées et les arbres fruitiers bien gérés, comme ceux que l’on plante en suivant des conseils du type créer une haie vivante, offrent gîte et couvert aux oiseaux insectivores.
Un jardin riche en biodiversité est naturellement plus résilient.
Préparations naturelles et soins réguliers
Quelques préparations peuvent renforcer vos choux :
- Décoction de prêle pour renforcer les tissus et limiter certaines maladies foliaires.
- Purin d’ortie en arrosage léger pour stimuler la croissance (sans excès).
- Purin de fougère ou de tanaisie en pulvérisation légère pour gêner certains insectes.
L’essentiel reste l’observation régulière : un tour de jardin attentif permet souvent d’intervenir tôt, avant que les problèmes ne s’emballent. Pour intégrer ces soins dans votre routine, les articles sur les tâches à faire au jardin selon les mois peuvent vous aider à structurer votre calendrier.
FAQ sur les maladies du chou
Je débute : comment savoir si mon chou est malade ou juste stressé ?
Commencez par observer :
- L’état général de la plante (croissance, couleur des feuilles).
- La présence éventuelle d’insectes ou de galeries.
- L’aspect des racines si vous arrachez un plant chétif.
Un simple stress hydrique ou un manque de nutriments se traduit souvent par un ralentissement de croissance et des feuilles pâles, sans taches nettes ni pourritures.
Comment protéger mes choux de la mouche du chou sans produits chimiques ?
Les méthodes les plus efficaces sont :
- Filets anti-insectes dès la plantation.
- Collerettes au pied des plants.
- Rotation de culture et destruction des résidus de chou après récolte.
Pour une stratégie complète, l’article sur les méthodes naturelles contre la mouche du chou détaille les gestes à adopter.
Que faire si mes choux sont atteints de hernie ?
Si vous constatez des racines boursouflées et des plants chétifs :
- Arrachez les plantes atteintes et sortez-les du jardin.
- Notez la parcelle et évitez d’y cultiver des Brassicacées pendant plusieurs années.
- Améliorez le sol avec du compost et, si besoin, corrigez un excès d’acidité.
Ensuite, misez sur des cultures non sensibles dans cette zone pendant quelques années.
Les petits trous dans les feuilles de chou sont-ils graves ?
De petits trous, surtout sur les feuilles extérieures, ne sont pas forcément graves. Ils sont souvent dus à des altises ou à quelques chenilles.
Surveillez simplement que la croissance reste correcte et que le cœur du chou n’est pas trop attaqué. Si les dégâts augmentent, renforcez la protection avec un voile ou des filets.
Comment intégrer la lutte contre les maladies du chou dans mon organisation annuelle ?
Pensez la protection du chou dans un ensemble : rotation, choix des variétés, soins du sol et observation régulière.
Les guides saisonniers, comme que planter au potager en janvier, vous aident à planifier vos cultures et vos interventions au bon moment, pour garder un potager équilibré.
En résumé : chou et maladies au potager
Les maladies du chou et les ravageurs peuvent impressionner, mais avec une bonne prévention et quelques gestes simples, il est tout à fait possible de cultiver des choux en culture douce, sans recourir à des produits qui déséquilibrent votre jardin.
Points clés à retenir :
- Un sol vivant et une rotation de 4 ans minimum sont la base de la prévention.
- La hernie du chou se limite surtout par la rotation et l’amélioration du sol.
- La mouche du chou se gère très bien avec filets et collerettes.
- Une bonne aération et un arrosage adapté réduisent les maladies foliaires.
- L’observation régulière permet d’intervenir tôt, en douceur.
Ces conseils s’appuient sur des pratiques de jardinage éprouvées et des sources de référence en agriculture et en écologie.
Pour aller plus loin, explorez d’autres techniques simples pour rendre votre potager encore plus vivant et productif.
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Ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire
INRAE – Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement
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