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Chèvrefeuille : vous rêvez d’une haie parfumée et vivante, mais vous ne savez pas quel type choisir, comment le planter ni quand le tailler pour qu’il reste vigoureux ?
Chèvrefeuille : arbuste ou grimpante généreuse, très mellifère, idéale pour couvrir un grillage, parfumer une terrasse ou former une haie champêtre en culture respectueuse du vivant.
- Introduction
- Plantation et choix du chevrefeuille
- Entretien du chevrefeuille au jardin
- Maladies et ravageurs du chevrefeuille
- Récolte, taille et conservation de la forme
- Idées d’utilisation du chevrefeuille
- FAQ sur le chevrefeuille
- En résumé
Introduction
Le chevrefeuille fait partie de ces plantes qui transforment un jardin en refuge vivant. Ses fleurs parfumées attirent abeilles, bourdons et papillons, tandis que ses baies nourrissent de nombreux oiseaux.
On distingue deux grands types de chevrefeuille : les variétés grimpantes, parfaites pour couvrir une clôture ou une pergola, et les variétés arbustives, très utiles en haies libres. Dans les deux cas, cette plante est robuste, peu exigeante et s’adapte bien à une culture traditionnelle sans excès de produits chimiques.
Pour bien le réussir, trois points sont essentiels : un bon choix de variété adaptée à votre climat, une plantation soignée, et une taille douce, un peu sur le modèle de ce que l’on pratique pour les arbustes comme le sureau.
Plantation et choix du chevrefeuille
Les différents types de chevrefeuille
Sous le nom de chevrefeuille se cachent de nombreuses espèces du genre Lonicera.
On peut les classer en trois grandes familles pour le jardinier :
- Chevrefeuille grimpant parfumé : Lonicera periclymenum, L. japonica, L. heckrottii, parfaits pour pergolas, clôtures, arches.
- Chevrefeuille arbustif : Lonicera nitida, L. pileata, L. xylosteum, idéal en haies basses ou bordures.
- Chevrefeuille comestible ou camérisier (Lonicera caerulea) : baies bleues comestibles, très rustique, intéressant au verger naturel.
Pour un jardin parfumé près de la terrasse, privilégiez les chevrefeuilles grimpants à floraison estivale. Pour structurer une haie, les formes arbustives sont plus simples à gérer, un peu comme on le ferait avec de petits fruitiers ou des arbustes de haie plantés en hiver, période idéale pour les plantations d’arbres et arbustes comme le rappelle l’article sur la plantation d’arbres en plein hiver.
Où planter le chevrefeuille ? exposition et sol
Le chevrefeuille est étonnamment souple, mais quelques préférences se dégagent.
- Exposition :
- Grimpants parfumés : soleil doux ou mi-ombre, idéalement pieds à l’ombre et tête au soleil.
- Arbustifs : soleil ou mi-ombre, supportent mieux le plein soleil si le sol reste frais.
- Sol :
- Sol ordinaire, plutôt frais, bien drainé.
- Accepte les terres légèrement calcaires.
- Redoute les excès d’eau stagnante l’hiver.
En climat très chaud et sec, installez le chevrefeuille à mi-ombre, avec un bon paillage pour garder l’humidité.
Période idéale de plantation du chevrefeuille
La meilleure période de plantation est proche de celle des autres arbustes caducs :
- Automne (octobre à début décembre) : idéal, le sol est encore doux, l’enracinement reprend vite.
- Fin d’hiver – début de printemps : possible si le sol n’est pas gelé, en arrosant bien la première année.
Planter en automne s’inscrit dans la même logique que les travaux de saison décrits dans les guides sur ce qu’il y a à faire au jardin en hiver : on profite de la dormance pour installer les futures structures du jardin.
Comment planter un chevrefeuille pas à pas
1. Préparez le sol sur une zone large : désherbez manuellement, cassez les mottes, retirez les grosses pierres.
2. Creusez un trou d’au moins 40 cm de côté et de profondeur, plus large pour un sol pauvre.
3. Amendez légèrement avec du compost mûr bien décomposé, sans excès.
4. Faites tremper la motte dans un seau d’eau quelques minutes pour bien l’humidifier.
5. Installez la plante à la même profondeur que dans le pot, en étalant doucement les racines si elles tournent.
6. Rebouchez avec la terre extraite, mélangée au compost, en tassant avec les mains.
7. Arrosez copieusement pour chasser l’air et mettre la terre en contact avec les racines.
8. Pailler immédiatement le pied avec des feuilles mortes, BRF ou tonte sèche.
Pour un chevrefeuille grimpant, prévoyez dès la plantation un support solide : grillage, treillage, pergola ou même un vieux tronc d’arbre.
Multiplier le chevrefeuille facilement
Le chevrefeuille se prête très bien à la multiplication douce, sans matériel compliqué.
- Marcottage par couchage :
- Au printemps, choisissez une longue tige souple.
- Couchez-la au sol, incisez légèrement l’écorce sur la partie qui sera enterrée.
- Enterrez cette portion dans un mélange terre/compost, maintenez avec un crochet ou une pierre.
- Arrosez régulièrement, la nouvelle plante sera sevrable l’automne suivant.
- Bouturage :
- En été pour les boutures semi-aoûtées, en fin d’hiver pour les boutures de bois sec.
- Prélevez des tronçons de 10 à 15 cm, supprimez les fleurs et une partie des feuilles.
- Piquez en pot ou en pleine terre, à l’ombre légère, dans un mélange léger et drainant.
Ce sont de belles techniques à pratiquer en même temps que la taille de vos autres arbustes, comme vous le faites peut-être déjà pour la vigne en suivant un guide complet de taille.
Entretien du chevrefeuille au jardin
Arrosage du chevrefeuille : garder un sol frais
Une fois bien installé, le chevrefeuille supporte assez bien de courtes périodes sèches, mais il préfère un sol frais.
- Première année : arrosez régulièrement, surtout en été, sans détremper.
- Ensuite : un arrosage en profondeur en cas de sécheresse prolongée suffit souvent.
Installez un paillage épais au pied pour limiter l’évaporation et nourrir la vie du sol. Feuilles mortes, broyat de branches, tonte sèche ou paille conviennent très bien.
Fertilisation douce et sol vivant
Le chevrefeuille n’est pas gourmand. Inutile de le gaver d’engrais, ce qui le rendrait plus fragile aux maladies.
- Apportez une bonne couche de compost mûr au pied tous les 2 à 3 ans.
- Maintenez en permanence un paillage organique qui se décompose lentement.
- Évitez les apports d’azote rapides qui favorisent les tiges molles et sensibles.
Cette gestion douce du sol est la même que celle recommandée pour un verger vivant ou pour la bonne préparation du potager en début d’année.
Conduite et palissage du chevrefeuille grimpant
Le chevrefeuille grimpant s’enroule de lui-même, mais il apprécie un petit coup de main.
- Guidez les jeunes tiges sur les fils ou le treillage, sans les serrer.
- Attachez avec des liens souples en fibre naturelle.
- Écartez les tiges principales pour bien couvrir le support et laisser passer la lumière.
Plus la structure de base est bien formée les premières années, plus la taille sera simple ensuite, comme pour les fruitiers palissés ou les vignes sur pergola.
Associations au jardin avec le chevrefeuille
Le chevrefeuille s’associe très bien à d’autres plantes de haie ou de massif.
Quelques bonnes idées :
- En haie champêtre : sureau, noisetier, aubépine, rosiers botaniques, prunellier.
- Sur pergola : rosiers grimpants, clématites, vigne ornementale ou fruitière.
- En lisière de potager : lavandes, sauges, fenouil, qui attirent aussi de nombreux pollinisateurs.
Veillez simplement à ne pas le laisser étouffer des plantes plus fragiles : sa vigueur peut surprendre.
Maladies et ravageurs du chevrefeuille
Le chevrefeuille est plutôt robuste, surtout en culture respectueuse du sol et de la biodiversité. Mais quelques problèmes peuvent apparaître.
Oïdium du chevrefeuille
L’oïdium se manifeste par un feutrage blanc sur les feuilles, surtout par temps chaud et sec avec une forte humidité nocturne.
Pour limiter ce problème :
- Évitez les arrosages sur le feuillage.
- Aérez la plante par une taille douce en retirant les branches enchevêtrées.
- Maintenez un sol vivant et un bon paillage.
- En prévention, vous pouvez pulvériser une décoction de prêle ou de l’ortie, en alternance.
Pucerons et cochenilles
Les jeunes pousses tendres de chevrefeuille peuvent attirer pucerons et parfois cochenilles.
Plutôt que de recourir à des produits qui déséquilibrent l’écosystème, jouez la carte de la régulation naturelle :
- Attirez les auxiliaires : coccinelles, syrphes, chrysopes, en laissant des zones fleuries variées.
- Pincez les extrémités très infestées et déposez-les au compost.
- En cas de forte attaque, une pulvérisation de savon noir très dilué peut suffire.
Feuillage qui jaunit ou sèche
Un chevrefeuille qui jaunit ou sèche peut réagir à plusieurs causes :
- Excès d’eau en sol lourd et mal drainé.
- Manque d’eau prolongé en plein été, surtout sur jeune plantation.
- Sol trop pauvre sans matière organique.
Observez le contexte : si le sol reste gorgé d’eau l’hiver, améliorez le drainage, voire transplantez la plante sur une petite butte. Si la sécheresse est en cause, renforcez le paillage et arrosez en profondeur de temps en temps.
Récolte, taille et conservation de la forme
Chevrefeuille et fruits comestibles
La plupart des chevrefeuilles ornementaux produisent des baies décoratives mais impropres à la consommation. En revanche, le chevrefeuille comestible ou camérisier (Lonicera caerulea) donne des baies bleues acidulées, récoltées en fin de printemps ou début d’été.
Si vous cultivez ce dernier, récoltez les fruits à maturité en plusieurs passages, un peu comme on le ferait pour certains petits fruits du verger. Les baies se consomment fraîches, en confiture ou en coulis.
Pourquoi et quand tailler le chevrefeuille
La taille du chevrefeuille a plusieurs objectifs :
- Maintenir une forme harmonieuse.
- Renouveler le bois pour garder une floraison abondante.
- Limiter le volume si la plante devient envahissante.
La période de taille dépend du type de chevrefeuille et de sa floraison.
- Chevrefeuille à floraison printanière : taillez juste après la floraison, en fin de printemps.
- Chevrefeuille à floraison estivale : taillez plutôt en fin d’hiver ou tout début de printemps, avant le redémarrage de la végétation.
Cette logique, basée sur le moment de floraison, est la même que pour de nombreux arbustes et fruitiers, comme on le voit bien dans les guides sur la taille des pommiers ou des poiriers.
Comment tailler un chevrefeuille grimpant
Pour un chevrefeuille grimpant, la taille vise surtout à aérer et à renouveler le bois.
- Commencez par supprimer le bois mort ou malade à la base.
- Retirez les tiges qui se croisent trop ou qui encombrent le centre.
- Raccourcissez les longues pousses de l’année d’un tiers à la moitié pour les ramifier.
- Tous les 3 à 4 ans, éliminez quelques vieilles branches à la base pour régénérer la plante.
Procédez avec douceur, comme pour la taille d’un arbuste à fleurs : mieux vaut tailler un peu chaque année que trop d’un coup.
Tailler un chevrefeuille arbustif
Les chevrefeuilles arbustifs supportent très bien la taille, ce qui en fait de bons candidats pour les haies.
- Pour une haie stricte : taillez 1 à 2 fois par an, en été puis en fin d’hiver, pour maintenir une forme régulière.
- Pour une haie libre : une taille légère tous les 2 ans suffit, en supprimant le bois gênant et en raccourcissant quelques branches.
- Tous les 4 à 5 ans, vous pouvez pratiquer une taille de rajeunissement en coupant plusieurs vieilles branches près du sol.
Inspirez-vous de la manière dont on gère une haie fruitière ou un verger, en privilégiant la lumière et l’aération, comme expliqué dans les articles sur la taille d’hiver au jardin.
Idées d’utilisation du chevrefeuille
Chevrefeuille pour haie et clôture vivante
Le chevrefeuille est parfait pour :
- Couvrir un vieux grillage peu esthétique.
- Former une haie libre mélangée avec d’autres arbustes locaux.
- Créer un écran végétal parfumé près de la terrasse.
En combinant chevrefeuille, sureau, rosiers simples et petits fruitiers, vous obtenez une haie vivante très favorable à la biodiversité, complément naturel à un verger ou à un potager familial.
Chevrefeuille pour pergola, arche ou tonnelle
Les variétés grimpantes de chevrefeuille sont idéales pour :
- Habiller une pergola au-dessus d’un coin repas.
- Couvrir une arche à l’entrée du potager.
- Créer une tonnelle légère, éventuellement en association avec la vigne.
Sous ces structures, pensez à installer des plantes qui apprécient la mi-ombre, ou même un petit coin de repos pour profiter du parfum du soir.
Chevrefeuille et biodiversité
Le chevrefeuille est une plante très intéressante pour la faune du jardin.
- Ses fleurs nectarifères nourrissent abeilles, bourdons et papillons.
- Ses baies sont consommées par de nombreux oiseaux.
- Son feuillage dense offre abri et sites de nidification.
En le combinant à d’autres arbustes à fleurs et à baies, vous construisez peu à peu un véritable corridor écologique autour de votre potager.
FAQ sur le chevrefeuille
Le chevrefeuille est-il facile à cultiver pour un débutant ?
Oui, le chevrefeuille fait partie des plantes très indulgentes avec les débutants. Il tolère des sols variés, supporte quelques erreurs d’arrosage et repart souvent même après une taille un peu trop sévère.
Pour mettre toutes les chances de votre côté, soignez surtout la plantation, le paillage et la première année d’arrosage.
Mon chevrefeuille ne fleurit pas, que faire ?
Plusieurs causes possibles :
- Une taille au mauvais moment qui a supprimé les boutons floraux.
- Un manque de lumière si la plante est trop à l’ombre.
- Un sol trop pauvre ou trop sec qui limite la vigueur.
Commencez par revoir la période de taille en fonction de la floraison de votre variété et éclaircissez un peu le voisinage si nécessaire. Apportez du compost mûr en surface et un bon paillage.
Le chevrefeuille est-il envahissant ?
Certaines espèces, notamment Lonicera japonica dans les climats doux, peuvent devenir envahissantes si on les laisse totalement libres. En jardin familial, une taille régulière et un suivi des semis spontanés suffisent à garder la situation sous contrôle.
Si vous jardinez en bordure d’espaces naturels sensibles, privilégiez des espèces locales ou non envahissantes.
Peut-on cultiver un chevrefeuille en pot sur un balcon ?
Oui, surtout les variétés grimpantes compactes ou certains chevrefeuilles arbustifs nains.
- Choisissez un grand pot d’au moins 40 cm de profondeur.
- Utilisez un mélange terre de jardin, compost et un peu de sable.
- Prévoyez un bon drainage et un arrosage régulier l’été.
Pensez aussi à un support vertical pour que le chevrefeuille puisse grimper et offrir un écran végétal parfumé.
Comment rajeunir un vieux chevrefeuille dégarni à la base ?
Sur un sujet très âgé, vous pouvez pratiquer une taille de rajeunissement étalée sur 2 ou 3 ans :
- La première année, supprimez un tiers des plus vieilles branches à la base.
- L’année suivante, retirez un autre tiers, et ainsi de suite.
- Accompagnez cette taille d’apports de compost et d’un paillage généreux.
Cette méthode progressive, similaire à celle utilisée pour rajeunir certains fruitiers comme l’abricotier décrit dans le guide sur la taille de l’abricotier, limite le stress pour la plante.
En résumé : chevrefeuille
Le chevrefeuille est une plante généreuse, facile à vivre et précieuse pour la biodiversité. Bien choisi, bien planté et taillé avec douceur, il parfume le jardin pendant des années tout en offrant abri et nourriture à de nombreux auxiliaires.
- Plante robuste, peu exigeante, idéale pour haies, pergolas et clôtures.
- Préfère un sol frais, bien paillé, et une exposition ensoleillée ou mi-ombragée.
- Se multiplie facilement par marcottage et boutures.
- Peu sensible aux maladies en sol vivant, avec une taille douce et régulière.
- Atout majeur pour la biodiversité grâce à ses fleurs mellifères et ses baies pour les oiseaux.
Ces conseils s’appuient sur des pratiques de jardinage éprouvées et des sources de référence en agriculture et en écologie.
Pour aller plus loin, explorez d’autres techniques simples pour rendre votre potager encore plus vivant et productif.
Articles du même thème
- Quand tailler le sureau pour plus de fleurs et de baies
- Quand planter la vigne : guide complet
- Quand planter un abricotier : guide complet
Pour en savoir plus sur la biodiversité et les haies naturelles, vous pouvez consulter les ressources de l’Office français de la biodiversité sur leur site officiel, ainsi que les fiches techniques de l’INRAE sur les infrastructures agroécologiques disponibles en ligne.