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Basilic thaï : guide complet de culture et usages

basilic thaï en pot sur un balcon ensoleillé, feuilles vertes et pourpres vigoureuses prêtes à être récoltées

⏳ Temps de lecture : environ 14 minutes

Basilic thaï : vous rêvez de parfumer vos plats asiatiques avec une herbe fraîche du jardin, mais vous ne savez pas comment bien le cultiver sans le voir filer ou dépérir en quelques semaines ?

Basilic thaï : plante aromatique annuelle, proche cousine du basilic classique, au parfum anisé et épicé, idéale au potager ou en pot dans une culture respectueuse du vivant.

Introduction

Le basilic thaï intrigue souvent les jardiniers amateurs : feuilles plus fines, parfum puissant d’anis et de réglisse, tiges pourpres, il se distingue clairement du basilic doux classique. Pourtant, sa culture reste à la portée de tous, à condition de respecter quelques règles de chaleur, de lumière et d’arrosage.

Originaire d’Asie du Sud-Est, le basilic thaï aime les ambiances chaudes et lumineuses, mais supporte mal le vent froid et les excès d’eau stagnante. En pot sur un balcon, dans un carré d’aromatiques ou au cœur d’un potager en culture douce, il peut devenir l’une des plantes les plus généreuses de l’été.

Parmi les mots-clés secondaires utiles à connaître, on retrouve : basilic thaïlandais, basilic sacré, basilic asiatique, culture du basilic thaï en pot, semis de basilic thaï. Nous allons les croiser au fil de ce guide complet.

Plantation et semis du basilic thaï

Climat et exposition idéals pour le basilic thaï

Le basilic thaï est une plante de chaleur. En dessous de 15 °C, il stagne, jaunit et peut même mourir si le froid persiste. L’idéal est de le cultiver à partir du printemps, une fois les nuits vraiment douces.

Choisissez une exposition :

– plein soleil dans les régions au climat tempéré ou océanique
– soleil du matin et ombre légère l’après-midi dans les régions très chaudes

Le vent froid et les courants d’air sont ses ennemis. Un balcon abrité, une bordure près d’un mur exposé au sud, ou un coin protégé du potager lui conviendront très bien.

Si vous pratiquez la culture verticale sur balcon, le basilic thaï se prête très bien à une culture en pot suspendu ou en jardinière en hauteur, à condition de ne pas le laisser sécher complètement.

Quel sol pour réussir le basilic thaï

Le basilic thaï apprécie un sol :

– léger et bien drainé
– riche en matière organique
– restant frais mais jamais détrempé

En pleine terre, ameublissez le sol sur 20 cm et incorporez du compost mûr. Évitez les terres trop lourdes et argileuses qui retiennent l’eau. Un apport de sable grossier ou de petit gravier peut améliorer le drainage.

En pot, préparez un mélange simple :

– 1/2 terreau de plantation de bonne qualité
– 1/4 compost bien décomposé
– 1/4 sable ou pouzzolane fine pour le drainage

Un paillage léger (paille, tonte sèche, feuilles broyées) aidera à garder la fraîcheur, comme on le fait pour limiter les herbes indésirables dans une stratégie de paillage naturel.

Semis de basilic thaï : quand et comment

Le basilic thaï se sème facilement, mais il aime la chaleur pour bien lever.

Périodes de semis conseillées :

– sous abri chauffé ou à l’intérieur : de mars à avril
– en godets sous châssis ou mini-serre non chauffée : avril à début mai
– en pleine terre, en place : à partir de mi-mai, après les dernières gelées

Étapes pour un semis réussi :

1. Remplissez une terrine ou des petits godets d’un terreau spécial semis légèrement humidifié.
2. Semez très clair : les graines de basilic thaï sont fines, inutile de les enterrer profondément.
3. Recouvrez d’une fine couche de terreau tamisé (2 à 3 mm) et tassez légèrement.
4. Vaporisez de l’eau pour ne pas déplacer les graines.
5. Placez à 20 à 25 °C, à la lumière mais sans soleil direct brûlant.
6. Maintenez le substrat juste humide, jamais détrempé.

La levée intervient généralement en 5 à 10 jours. Dès que les plantules ont deux vraies feuilles, éclaircissez pour ne garder que les plus vigoureuses.

Repiquage et plantation en pleine terre ou en pot

Quand vos jeunes plants de basilic thaï ont 4 à 5 vraies feuilles et que les nuits dépassent 12 à 13 °C, vous pouvez les repiquer.

En pleine terre :

– espacez les plants de 25 à 30 cm sur le rang
– espacez les rangs de 30 à 40 cm
– arrosez le trou de plantation avant de mettre le plant
– enterrez jusqu’au collet, sans enterrer la tige

En pot :

– choisissez un pot d’au moins 20 cm de diamètre pour un plant seul
– pour une jardinière, espacez les plants de 20 cm
– prévoyez un trou de drainage et une couche de billes d’argile au fond

Si vous organisez votre potager en suivant un calendrier mensuel de plantation, placez le basilic thaï dans la période chaude, en complément des tomates, poivrons et aubergines.

Entretien du basilic thaï au jardin et en pot

Arrosage du basilic thaï : trouver le bon rythme

Le basilic thaï aime l’humidité régulière, mais il déteste avoir les racines dans l’eau stagnante. Le bon équilibre est donc essentiel.

En pleine terre :

– arrosez copieusement à la plantation
– ensuite, arrosez 2 à 3 fois par semaine en été, selon votre climat et la nature du sol
– laissez sécher légèrement la surface entre deux arrosages

En pot :

– surveillez plus souvent, car le substrat sèche vite
– arrosez dès que les 2 premiers centimètres de terre sont secs
– évitez de mouiller trop le feuillage pour limiter les maladies

Un paillage léger au pied limite l’évaporation et les herbes concurrentes. Vous pouvez vous inspirer des principes de protection contre la sécheresse expliqués pour la pelouse dans l’article sur une pelouse plus résistante à la sécheresse.

Fertilisation douce et respectueuse du vivant

Le basilic thaï est gourmand, mais il n’a pas besoin d’engrais chimiques pour être généreux. Privilégiez une fertilisation douce :

– compost mûr incorporé au sol avant la plantation
– un peu de compost de surface en cours de saison
– éventuellement un arrosage ponctuel avec un extrait de plantes (ortie, consoude) bien dilué

Évitez les excès d’azote qui donnent de grandes feuilles fragiles et plus sensibles aux maladies. Une plante équilibrée est plus robuste et plus parfumée.

Taille, pincement et floraison du basilic thaï

Pour garder votre basilic thaï compact et bien feuillu, le pincement est indispensable.

– Dès que le plant atteint 10 à 15 cm, pincez l’extrémité de la tige principale entre le pouce et l’index.
– Cela stimule la ramification et donne un plant plus touffu.
– Renouvelez le pincement sur les nouvelles tiges tout au long de la saison.

Le basilic thaï a tendance à fleurir rapidement, surtout en plein soleil :

– coupez les épis floraux dès leur apparition si vous voulez prolonger la production de feuilles
– laissez quelques fleurs si vous souhaitez récolter des graines ou attirer les insectes pollinisateurs

Pour un potager vivant, ces fleurs peuvent compléter d’autres plantes mellifères au potager et participer à la biodiversité.

Associations bénéfiques avec le basilic thaï

Comme le basilic classique, le basilic thaï se marie très bien avec :

– les tomates
– les poivrons et piments
– les aubergines
– certaines fleurs comme les œillets d’Inde ou les soucis

Ces associations favorisent :

– une meilleure pollinisation
– une protection partielle contre certains insectes
– une utilisation optimale de l’espace au jardin

Évitez de le placer trop près de plantes très envahissantes ou trop hautes qui lui feraient trop d’ombre.

Maladies et ravageurs du basilic thaï

Les principaux problèmes du basilic thaï

Même en culture traditionnelle sans excès de produits chimiques, le basilic thaï peut subir quelques attaques ou déséquilibres.

Problèmes fréquents :

– feuilles jaunes : excès d’eau, manque de nutriments ou froid
– feuilles noircies : coup de froid ou brûlure du soleil après un arrosage sur le feuillage
– taches brunes ou noires : champignons favorisés par l’humidité
– plants qui filent : manque de lumière

Adaptez l’arrosage, la lumière et la fertilisation avant de penser à tout autre traitement.

Champignons et maladies foliaires

Le basilic thaï peut être sensible à :

– l’oïdium : feutrage blanc sur les feuilles
– des taches foliaires brunes ou noires

Pour limiter ces maladies :

– évitez d’arroser le soir sur le feuillage
– espacez suffisamment les plants pour que l’air circule
– supprimez les feuilles très atteintes et ne les mettez pas au compost si elles sont couvertes de spores

En prévention, un arrosage au pied avec des extraits de plantes bien dosés, comme le purin de rhubarbe ou d’ortie, peut renforcer la vitalité générale de la plante. Vous trouverez des idées de préparations et de dosages dans l’article sur le purin de feuilles de rhubarbe.

Insectes et ravageurs du basilic thaï

Les principaux visiteurs indésirables sont :

– pucerons verts ou noirs
– petites chenilles mangeuses de feuilles
– limaces et escargots sur les jeunes plants

Solutions naturelles :

– favoriser les coccinelles, syrphes et oiseaux insectivores en diversifiant les plantes fleuries
– ramasser les limaces à la main le soir ou au petit matin
– poser des barrières physiques (collerettes, cendres sèches à renouveler souvent, coquilles d’œufs broyées)

Un jardin équilibré, avec des zones sauvages et des fleurs variées, limite souvent les explosions de ravageurs. Les principes présentés dans le guide complet sur les herbes spontanées illustrent bien cette approche globale.

Prévention plutôt que réaction

Pour que votre basilic thaï reste en bonne santé :

– semez ou plantez dans un sol vivant et bien préparé
– évitez les excès d’eau et d’engrais
– renouvelez les plantations en cours de saison plutôt que de forcer des plants fatigués
– pratiquez des rotations si vous le cultivez au même endroit chaque année

Un basilic thaï bien nourri, bien arrosé et bien exposé résiste mieux aux aléas.

Récolte et conservation du basilic thaï

Quand récolter le basilic thaï

La récolte commence généralement 6 à 8 semaines après le semis, dès que les plants sont bien feuillus.

– Récoltez de préférence le matin, quand les feuilles sont fraîches et bien parfumées.
– Coupez les tiges au-dessus d’une paire de feuilles pour stimuler la repousse.
– Évitez d’arracher des feuilles isolées au milieu de la tige, cela affaiblit la plante.

En procédant par petites coupes régulières, vous pouvez prolonger la récolte du basilic thaï de juin jusqu’aux premiers froids d’automne.

Comment conserver le basilic thaï frais

Le basilic thaï est meilleur frais, mais quelques astuces permettent de le garder quelques jours :

– en bouquet dans un verre d’eau, à température ambiante, loin du soleil direct
– au réfrigérateur, enveloppé dans un linge propre légèrement humide, dans une boîte fermée

Évitez de le laisser à l’air libre au frigo, il noircit rapidement.

Congélation et séchage du basilic thaï

Pour profiter du basilic thaï toute l’année, la congélation est la méthode la plus simple.

Congélation :

– hachez grossièrement les feuilles lavées et bien séchées
– répartissez-les dans un bac à glaçons avec un peu d’eau ou d’huile
– une fois pris, démoulez et stockez les cubes dans un sachet au congélateur

Séchage :

– suspendez des petits bouquets tête en bas dans un endroit sec, ventilé et à l’ombre
– ou étalez les feuilles sur un plateau, sans les superposer
– une fois bien sèches, conservez-les dans un bocal hermétique à l’abri de la lumière

Le séchage atténue un peu le parfum anisé du basilic thaï, mais reste intéressant pour les soupes et les bouillons.

Idées d’utilisation du basilic thaï en cuisine et au jardin

Basilic thaï en cuisine : parfums d’Asie au jardin

Le basilic thaï est un incontournable de nombreuses recettes asiatiques :

– currys thaï, rouges ou verts
– soupes pho vietnamiennes
– salades de bœuf ou de poulet aux herbes
– woks de légumes croquants

Son parfum se situe entre le basilic classique, l’anis et la réglisse, avec une note légèrement poivrée. Il supporte un peu mieux la cuisson que le basilic doux, mais reste plus parfumé ajouté en fin de cuisson.

Basilic thaï en pot sur le balcon ou la terrasse

En pot, le basilic thaï est très décoratif : tiges pourpres, feuilles vertes parfois légèrement violacées, fleurs mauves. Il se marie bien dans une jardinière avec :

– coriandre
– ciboulette
– menthe (en pot séparé, car envahissante)

Pour un balcon productif, vous pouvez l’intégrer dans une organisation verticale du potager, avec des bacs superposés ou des poches de culture.

Une plante qui attire les pollinisateurs

Si vous laissez quelques tiges de basilic thaï monter en fleurs, vous verrez rapidement arriver :

– abeilles
– bourdons
– syrphes

Ces auxiliaires sont précieux pour l’ensemble de votre jardin. Associez le basilic thaï à d’autres plantes riches en nectar pour créer un véritable buffet pour les pollinisateurs, en complément des idées proposées dans le guide complet des plantes mellifères.

FAQ sur le basilic thaï

Je débute : le basilic thaï est-il plus difficile que le basilic classique ?

Non, le basilic thaï n’est pas plus difficile, il est simplement un peu plus exigeant en chaleur. Si vous respectez trois points clés, vous le réussirez facilement :

– ne pas le semer trop tôt au froid
– lui offrir beaucoup de lumière
– arroser régulièrement sans excès

En pot, sur un rebord de fenêtre bien exposé, il se comporte très bien.

Pourquoi mon basilic thaï monte-t-il en fleurs très vite ?

Plusieurs causes possibles :

– chaleur très forte et sécheresse
– manque de pincement régulier
– plant trop âgé ou resté trop longtemps en godet

Pincez les extrémités des tiges dès le début, arrosez plus régulièrement et n’hésitez pas à replanter un nouveau semis en cours d’été pour prolonger la saison.

Mon basilic thaï a des taches noires, que faire ?

Les taches noires peuvent venir :

– d’un coup de froid
– d’un excès d’eau et de champignons
– d’un choc thermique après un arrosage au soleil

Supprimez les feuilles très atteintes, améliorez la circulation de l’air, réduisez les arrosages sur le feuillage et protégez la plante des nuits trop fraîches. Si le plant est très touché, semez-en un nouveau en parallèle.

Puis-je cultiver le basilic thaï à l’intérieur toute l’année ?

Oui, à condition de lui offrir :

– une fenêtre très lumineuse, idéalement au sud ou à l’ouest
– une température stable autour de 20 °C
– un air pas trop sec

Évitez de le coller contre une vitre froide en hiver ou au-dessus d’un radiateur qui dessèche. Un petit éclairage horticole peut aider si la lumière est insuffisante.

Comment récolter des graines de basilic thaï pour l’année suivante ?

Laissez quelques tiges monter en fleurs puis en graines :

– quand les épis brunissent et que les petites capsules sèchent, coupez-les
– faites-les sécher quelques jours à l’abri de l’humidité
– frottez doucement pour libérer les graines noires
– conservez-les dans un sachet en papier, dans un endroit sec et frais

Vous pourrez les ressemer au printemps suivant, en respectant les mêmes conditions de chaleur et de lumière.

En résumé : basilic thaï

Le basilic thaï est une aromatique généreuse et parfumée, idéale pour donner une touche asiatique à vos plats tout en attirant les pollinisateurs au jardin. Avec un peu de chaleur, de lumière et des arrosages réguliers, il devient l’un des compagnons les plus fidèles de l’été.

Points clés à retenir :

– le basilic thaï a besoin de chaleur, de lumière et d’un sol bien drainé
– semez-le au chaud au printemps et repiquez après les dernières gelées
– arrosez régulièrement sans détremper, paillez et pincez pour le garder touffu
– surveillez l’humidité pour limiter les maladies foliaires et les limaces sur jeunes plants
– récoltez souvent pour stimuler la repousse et congelez le surplus pour l’hiver

Ces conseils s’appuient sur des pratiques de jardinage éprouvées et des sources de référence en agriculture et en écologie.

Pour aller plus loin, explorez d’autres techniques simples pour rendre votre potager encore plus vivant et productif.

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Pour approfondir les principes généraux d’un jardinage respectueux du vivant, vous pouvez consulter les ressources de l’agriculture française ou les fiches pratiques de l’INRAE.