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Amandier : maladies, symptômes et traitements naturels

feuilles d’amandier présentant des taches et signes de maladie, gros plan sur le feuillage atteint dans un verger familial

⏳ Temps de lecture : environ 11 minutes

Amandier : votre arbre perd ses feuilles, ses fleurs sèchent ou les amandes pourrissent sur l’arbre, et vous ne savez pas reconnaître la maladie ni comment réagir sans produits agressifs ?

Amandier : arbre fruitier sensible à certaines maladies fongiques et physiologiques, qui peut rester productif longtemps si l’on comprend bien les symptômes et que l’on agit en prévention avec des méthodes naturelles.

Introduction

Comme beaucoup de fruitiers à noyau, l’amandier peut être touché par plusieurs maladies, surtout si le climat est humide ou si la taille est trop sévère. Mais un arbre bien conduit, dans un sol vivant, résiste souvent mieux qu’on ne le pense.

Ce guide vous aide à mettre des mots sur ce que vous observez sur votre amandier, à distinguer une simple fatigue d’une maladie plus grave, et à privilégier des solutions préventives et curatives respectueuses de l’équilibre du jardin.

Principales maladies de l’amandier

Moniliose des fleurs et des fruits

La moniliose est l’une des maladies les plus fréquentes sur l’amandier. Elle touche aussi l’abricotier, le pêcher ou le cerisier.

Caractéristiques :

  • Champignon qui attaque les fleurs, les jeunes rameaux et les fruits.
  • Favorisée par un temps humide au moment de la floraison.
  • Peut entraîner une perte importante de récolte.

Sur l’amandier, la moniliose se manifeste souvent par des bouquets de fleurs qui brunissent et sèchent, puis par des fruits qui pourrissent et restent collés sur l’arbre, formant des « momies ».

Chancre de l’amandier

Le chancre est une maladie du bois, d’origine fongique ou bactérienne, qui affaiblit progressivement les branches.

Signes typiques :

  • Zones enfoncées ou fissurées sur l’écorce.
  • Écoulement de gomme ambrée.
  • Rameaux qui dépérissent à partir de la zone atteinte.

Les chancres apparaissent souvent après des blessures de taille mal cicatrisées ou des gelures sur l’amandier.

Maladies foliaires : tavelure, criblure, rouilles

Selon les régions, plusieurs champignons peuvent s’attaquer aux feuilles d’amandier :

  • Tavelure avec taches sombres sur feuilles et parfois sur fruits.
  • Criblure avec petites taches qui tombent et laissent des trous dans les feuilles.
  • Rouilles avec pustules orangées au revers des feuilles.

Ces maladies affaiblissent l’arbre si elles sont sévères, en réduisant la surface foliaire active.

Gommose de l’amandier

La gommose n’est pas à proprement parler une maladie unique, mais un symptôme : l’arbre exsude une gomme translucide à ambrée sur le tronc ou les branches.

Causes possibles :

  • Stress hydrique, excès d’eau ou sécheresse intense.
  • Gelures sur le bois.
  • Conséquence de maladies comme le chancre ou la moniliose.

Un amandier qui gomme ponctuellement n’est pas forcément condamné, mais c’est un signal à prendre au sérieux.

Reconnaître les symptômes sur feuilles, fleurs et fruits

Fleurs d’amandier qui brunissent et sèchent

Si, au printemps, vous observez sur votre amandier :

  • Des bouquets de fleurs qui brunissent rapidement après l’ouverture.
  • Des rameaux terminaux qui semblent brûlés et se dessèchent.

Vous êtes probablement face à une moniliose. La confusion avec un simple gel est possible, mais en cas de gel, les fleurs noircissent plutôt de façon uniforme, sans développement ultérieur de pourriture sur les fruits.

Feuilles trouées ou tachetées

Des feuilles d’amandier qui présentent :

  • Des petites taches brunes qui tombent en laissant des trous réguliers évoquent une criblure.
  • Des taches plus larges, diffuses, peuvent évoquer une tavelure.
  • Des pustules orangées au revers sont typiques de certaines rouilles.

Ces symptômes sont souvent plus marqués après un printemps humide. L’observation régulière du feuillage de votre amandier est donc importante.

Fruits qui pourrissent ou sèchent sur l’arbre

Sur l’amandier, les fruits atteints de moniliose :

  • Présentent d’abord une petite tache brune qui s’étend.
  • Se couvrent de coussinets grisâtres de spores.
  • Finissent par se dessécher et rester accrochés à l’arbre, formant des fruits momifiés.

Ces « momies » sont une source de contamination pour l’année suivante si on les laisse en place.

Bois qui noircit, se crevasse ou gomme

Un amandier dont le bois :

  • Noircit localement autour d’une blessure.
  • Présente des crevasses ou des zones enfoncées.
  • Exsude de la gomme ambrée.

peut être touché par un chancre ou souffrir de stress. Il est alors important de vérifier l’état général de l’arbre, la qualité de la taille et les conditions de sol.

Prévention naturelle des maladies de l’amandier

Choix de la variété et de l’emplacement

La prévention commence avant même de planter l’amandier :

  • Choisissez des variétés d’amandier reconnues pour leur relative résistance aux maladies dans votre région.
  • Plantez en situation bien ensoleillée et aérée, pour un séchage rapide du feuillage après la pluie.
  • Évitez les sols lourds et mal drainés, qui fragilisent les racines.

Ces principes rejoignent ceux décrits pour d’autres fruitiers dans les guides sur la plantation des arbres en hiver : un bon départ réduit les soucis futurs.

Taille douce et aération de la ramure

Une taille trop sévère, avec de grosses plaies, ouvre la porte à de nombreux champignons. À l’inverse, une taille douce, inspirée de ce qui se pratique pour la taille préventive du pêcher, permet :

  • D’aérer la ramure de l’amandier.
  • De limiter le bois malade ou mal placé.
  • De réduire les zones d’ombre et de stagnation d’humidité.

Intervenez de préférence en fin d’hiver, hors période de gel, avec des outils bien affûtés et propres.

Sol vivant et paillage

Un sol vivant, riche en micro organismes et en faune, améliore la santé globale de l’amandier. Pour cela :

  • Apportez régulièrement du compost mûr en surface.
  • Maintenez un paillage varié au pied de l’arbre.
  • Évitez les produits qui perturbent l’équilibre biologique du sol.

Un arbre bien nourri par un sol vivant résiste souvent mieux aux maladies, comme on le constate aussi sur la vigne en prévention naturelle des maladies.

Hygiène du verger

Quelques gestes simples, mais souvent oubliés, permettent de réduire fortement la pression des maladies sur l’amandier :

  • Ramassez et éliminez les fruits momifiés restés sur l’arbre.
  • Évitez de laisser au pied de l’arbre des tas de feuilles ou de fruits malades.
  • Taillez et brûlez les rameaux très atteints de moniliose ou de chancre.

Ces gestes d’hygiène font partie des travaux d’hiver au verger, à programmer comme les autres interventions de taille de janvier au jardin.

Soins et traitements doux en cas d’attaque

Intervenir rapidement sur la moniliose

Dès les premiers signes de moniliose sur votre amandier :

  • Coupez les bouquets de fleurs et les rameaux atteints en revenant sur du bois sain.
  • Brûlez ou évacuez les déchets, ne les compostez pas.
  • Évitez d’arroser le feuillage ou les fleurs.

Vous pouvez compléter par des pulvérisations de décoction de prêle ou de tisanes de plantes renforçantes, en prévention autour des périodes à risque.

Gérer les chancres et la gommose

Face à un chancre sur l’amandier :

  • Éliminez le bois très atteint en taillant largement en dessous de la zone malade.
  • Sur des petits chancres, vous pouvez nettoyer la zone en retirant le bois nécrosé jusqu’au tissu sain.
  • Surveillez l’évolution dans les mois suivants.

Pour la gommose, cherchez d’abord la cause : excès d’eau, gel, taille trop sévère, maladie. Corrigez les facteurs de stress autant que possible.

Renforcer l’amandier par des pulvérisations végétales

Plusieurs préparations végétales peuvent aider à renforcer l’amandier :

  • Décoction de prêle riche en silice, pour renforcer les tissus.
  • Purins ou tisanes d’ortie et de consoude en arrosage au pied, pour stimuler la vigueur.
  • Macérations de plantes aromatiques pour limiter certaines attaques fongiques.

Utilisez ces préparations en prévention ou en accompagnement d’autres mesures, plutôt qu’en solution unique.

Ravageurs de l’amandier et dégâts associés

Pucerons sur jeunes pousses

Les pucerons apprécient les jeunes pousses tendres de l’amandier au printemps. Ils provoquent :

  • Feuilles enroulées et collantes.
  • Présence de fourmis qui les élèvent pour le miellat.

Pour limiter les pucerons :

  • Favorisez les auxiliaires (coccinelles, syrphes, mésanges) par un jardin diversifié.
  • Évitez les excès d’azote qui rendent les pousses trop appétentes.
  • En cas de forte attaque, un simple jet d’eau dirigé sur les colonies peut les déloger.

Insectes des fruits et vers dans les amandes

Certains insectes pondent dans les jeunes fruits d’amandier. Les larves se développent à l’intérieur, donnant des amandes véreuses.

Pour limiter ce problème :

  • Ramassez et détruisez les fruits tombés prématurément.
  • Favorisez les oiseaux insectivores dans le verger.
  • Maintenez une bonne hygiène générale autour de l’arbre.

Rongeurs et oiseaux

Les rongeurs peuvent grignoter les jeunes troncs d’amandier ou les racines superficielles, surtout en hiver. Les oiseaux, quant à eux, s’intéressent parfois aux amandes encore tendres.

Pour cohabiter :

  • Protégez le tronc des jeunes amandiers avec un manchon aéré.
  • Laissez une part de la récolte à la faune, surtout si vous avez un grand arbre.
  • Évitez les solutions brutales, et misez sur l’équilibre global du jardin.

FAQ sur les maladies de l’amandier

Comment savoir si mon amandier est vraiment malade ou juste stressé ?

Observez plusieurs éléments : l’état du feuillage, l’écorce, les fruits, la vigueur générale. Un amandier simplement stressé par la sécheresse peut perdre quelques feuilles ou gommer légèrement, mais sans taches, chancres ou pourritures importantes. En cas de doute, prenez des photos à différentes saisons pour suivre l’évolution.

Peut on sauver un amandier très atteint de moniliose ?

Oui, si l’arbre n’est pas totalement envahi. Une taille énergique des parties atteintes, associée à une amélioration de l’aération de la ramure et de l’hygiène du verger, peut permettre un redémarrage plus sain. Il faudra toutefois plusieurs années de vigilance accrue.

Faut il traiter systématiquement l’amandier au cuivre ?

Non, un traitement systématique n’est pas souhaitable. Le cuivre, même autorisé en agriculture respectueuse du vivant, peut s’accumuler dans le sol et perturber la vie microbienne. Mieux vaut réserver ces traitements à des cas bien identifiés et privilégier d’abord la prévention par la taille douce, l’aération, le choix de variétés adaptées et l’hygiène.

Pourquoi mon amandier perd il ses feuilles en été ?

Une chute de feuilles en été peut être due à :

  • Un stress hydrique important (sécheresse ou excès d’eau).
  • Une maladie foliaire sévère.
  • Un problème de racines (asphyxie, sol compacté).

Vérifiez l’arrosage, la structure du sol, la présence éventuelle de taches sur les feuilles, et ajustez vos pratiques en conséquence.

Les maladies de l’amandier sont elles transmissibles aux autres fruitiers ?

Certaines, comme la moniliose, peuvent toucher plusieurs fruitiers à noyau. D’autres sont plus spécifiques. D’où l’importance d’une hygiène globale du verger : ramasser les fruits malades, tailler les rameaux atteints, et ne pas laisser les foyers infectieux se maintenir d’une année sur l’autre.

En résumé : maladies de l’amandier

Les maladies de l’amandier, bien que parfois impressionnantes, peuvent être fortement limitées par une bonne prévention : choix de variétés adaptées, emplacement bien aéré, taille douce, sol vivant et hygiène du verger. En observant régulièrement votre arbre et en intervenant tôt, vous pouvez préserver sa santé et vos récoltes.

Points clés à retenir :

  • La moniliose est la maladie la plus fréquente de l’amandier, surtout en climat humide.
  • Les chancres et la gommose signalent souvent un stress ou des blessures mal cicatrisées.
  • Un sol vivant et une taille douce renforcent naturellement la résistance de l’arbre.
  • Les préparations végétales complètent utilement les mesures préventives.
  • Une bonne hygiène du verger limite la pression des maladies d’année en année.

Ces conseils s’appuient sur des retours de terrain en vergers familiaux et des références en arboriculture fruitière respectueuse de l’environnement.

Pour aller plus loin, explorez d’autres techniques de gestion naturelle des fruitiers pour un verger sain et productif sans excès de produits chimiques.

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